Yémen: remaniement ministériel sur fond de grogne populaire

Sanaa - Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a procédé mercredi à un remaniement du gouvernement, qui a touché cinq ministères dont ceux du Pétrole, de l'Electricité et des Finances, sur fond de grogne populaire exacerbée par des coupures de courant et une pénurie de carburant.

Le remaniement confirme l'équilibre politique au sein du gouvernement d'entente nationale, formée à parité entre le Congrès populaire général (CPG), la formation de l'ex-président Ali Abdallah Saleh parti sous la pression de la rue en février 2012, et une coalition des anciens partis de l'opposition proche de M. Hadi.

Le représentant permanent du Yémen à l'ONU, Jamal Abdallah Sallal, un diplomate de carrière, a été nommé ministre des Affaires étrangères en remplacement de Abou Bakr al-Qirbi, désigné par décret présidentiel membre du Majles al-Choura.

Khaled Mahfoudh Bahhah, le ministre sortant du Pétrole, a été désigné nouveau représentant du Yémen à l'ONU.

M. Hadi a en outre nommé Abdallah Mohsen al-Akwa, vice-Premier ministre et ministre de l'Electricité, en remplacement de Saleh Hassen Soumaïa, et Nasr Taha Mustapha, ministre de l'Information, fonction qu'occupait jusqu'ici Ali Al-Amrani.

Le ministère du Pétrole et des Minérais a été confié à Abdel Qader Chaëa, alors que Mohamed Mansour a été nommé ministre des Finances à la place de Sakher al-Wajih.

Le ministre de Télécommunications, Ahmed Obeid Ben Dagher, a été maintenu dans ses fonctions mais promu vice-Premier ministre, selon l'agence officielle Saba.

Ce remaniement est intervenu au moment où le gouvernement est de plus en plus critiqué par la population, dont les attentes ont été déçues plus de trois ans après le début du mouvement de contestation qui a conduit au départ de M. Saleh, accusé alors de corruption et de népotisme.

Mercredi, des milliers de Yéménites sont descendus dans les rues de Sanaa pour protester contre les coupures de courant, d'eau et la pénurie de carburant dans le pays, secoué par ailleurs par une vague de violences attribuée notamment à Al-Qaïda.

(©AFP / 11 juin 2014 19h09)
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