Arrivée à Kaboul de huit réfugiés afghans expulsés d'Allemagne

Arrivée à l'aéroport international de Kaboul de réfugiés afghans expulsés d'Allemagne, le 13 septembre 2017 / © AFP / WAKIL KOHSAR
Huit réfugiés afghans expulsés d'Allemagne sont arrivés mercredi à l'aéroport de Kaboul, les premiers à être rapatriés depuis l'énorme attentat au camion piégé qui avait frappé la capitale afghane fin mai.

L'Allemagne avait suspendu ses expulsions controversées de demandeurs d'asile afghans après l'explosion d'un camion-citerne rempli d'explosifs dans le quartier diplomatique de Kaboul le 31 mai. La déflagration avait fait 150 morts et des centaines de blessés.

Il s'agit du sixième groupe de rapatriés d'Allemagne depuis décembre dans le cadre d'un accord entre l'Union européenne et l'Afghanistan destiné à réduire le flot de migrants vers l'Europe.

Les huit hommes expulsés sont arrivés à Kaboul à bord d'un vol charter et ont été escortés par la police vers un parking où un responsable a enregistré leur identité.

Certains portaient de petits sacs à dos, d'autres n'avaient aucun bagage.

"Ils m'ont dit +il n'y a pas de problème dans votre pays et vous ne pouvez pas vivre ici, donc vous ne pouvez plus rester+", a déclaré l'un d'eux, Mohammad Jamshidi, à l'AFP avant de s'engouffrer dans un taxi.

Un autre, Reza Rezayi, a indiqué avoir été expulsé après avoir été accusé par son épouse de l'avoir battue. "Bien que j'avais un témoin, je n'ai pas pu prouver (son innocence, ndlr) au tribunal car les Européens n'écoutent que les mensonges des femmes", a-t-il dit.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a confirmé le rapatriement de huit personnes.

Les autorités en attendaient initialement 12 ce mercredi, selon un porte-parole du ministère afghan des réfugiés et des rapatriations, Islamuddin Jurat.

"Nous ignorons s'il y a eu un changement de calendrier de dernière minute", a-t-il dit à l'AFP.

Une centaine d'Afghans ont ainsi été renvoyés d'Allemagne dans leur pays après avoir vu leur demande d'asile rejetée, selon des chiffres officiels.

"Dans chaque coin d'Europe, la priorité est donnée aux Syriens. Ils n'ont besoin que de trois mois pour se faire enregistrer, tandis que les Afghans peuvent être expulsés après avoir passé des années en Allemagne", a déploré Mohammad Jamshidi, l'un des huit hommes.

La question migratoire, qui avait un temps affaibli politiquement la chancelière allemande Angela Merkel dans son pays joue pour l'instant un rôle secondaire dans la campagne législative allemande et Mme Merkel part favorite pour décrocher un quatrième mandat consécutif à l'issue du scrutin du 24 septembre.



(©AFP / 13 septembre 2017 09h19)
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