Brexit: Theresa May fustige Tony Blair pour ses appels à un second référendum

La Première ministre Theresa May lors d'une conférence de presse le 14 décembre 2018 à Bruxelles / © AFP/Archives / JOHN THYS
La Première ministre britannique Theresa May a accusé l'ancien chef de gouvernement travailliste Tony Blair d' "insulter" le peuple britannique et de chercher à "saper" le Brexit en appelant à un second référendum.

Theresa May a maintes fois rejeté l'option d'un second référendum sur le Brexit, que défendent plusieurs partis d'opposition, une partie du Labour, et des personnalités, comme Tony Blair.

"Le fait pour Tony Blair d'aller à Bruxelles et de chercher à saper nos négociations en plaidant pour un deuxième référendum est une insulte envers le poste qu'il a occupé et le peuple qu'il a servi", écrit la Première ministre, dans une déclaration transmise aux médias samedi soir.

"Nous ne pouvons pas, comme il le ferait, abdiquer la responsabilité de cette décision".

Tandis que l'ancien Premier ministre, opposé au Brexit, estime qu'un second référendum permettrait de sortir de l'impasse, Theresa May dit "se battre pour un bon accord pour le Royaume-Uni". Elle a obtenu un accord avec l'Union européenne après 17 mois de négociations difficiles, mais souhaite encore des "garanties" pour convaincre les députés britanniques, très divisés, de voter le texte.

"Je n'ai jamais perdu de vue mon devoir, à savoir mettre en oeuvre le résultat du référendum" de juin 2016, lors duquel 52% des Britanniques avaient voté pour sortir de l'UE.

La cheffe du gouvernement regrette que "trop de personnes veuillent saboter le processus (du Brexit) pour défendre leurs propres intérêts politiques - plutôt que d'agir dans l'intérêt national."

Selon certains médias britanniques, plusieurs membres du gouvernement, dont le numéro 2, David Lidington, œuvreraient en coulisses pour un second référendum.

Le chef du personnel de Theresa May, Gavin Barwell, a démenti dimanche sur Twitter ces rumeurs, tandis que David Lidington a renvoyé à ses déclarations au Parlement mardi.

Il avait déclaré que le résultat d'un second référendum "serait certainement une source de divisions et ne pourrait garantir de mettre définitivement fin au débat".

Le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt a aussi soulevé les risques de divisions posés par un second référendum dans une interview au Sunday Times.

Il a par ailleurs affirmé qu'en cas de sortie de l'UE sans accord, le Royaume-Uni, "prospérerait", "même si nous ne pouvons pas affirmer qu'il n'y aurait pas de perturbations".

M. Hunt a aussi laissé entendre qu'il était intéressé par le poste de Premier ministre, après que Theresa May a annoncé qu'elle quitterait ses fonctions avant les prochaines législatives, prévues en 2022.



(©AFP / (16 décembre 2018 12h28)