Indonésie: un groupe rebelle de Papouasie justifie l'exécution d'une vingtaine d'ouvriers

Des soldats et policiers indonésiens transportent les corps des ouvriers tués par un groupe indépendantiste, le 7 décembre 2018 à Timika / © AFP / SEVIANTO PAKIDING
Un groupe rebelle indépendantiste de Papouasie a confirmé vendredi à l'AFP avoir tué une vingtaine d'ouvriers travaillant à la construction d'un axe routier, soulignant qu'ils étaient une cible légitime dans la lutte pour l'indépendance de la province qui fait partie aujourd'hui de l'Indonésie.

L'armée indonésienne déployée cette semaine dans le district montagneux et reculé de Nduga, où l'attaque s'est déroulée dimanche, a retrouvé 16 corps et recherche d'autres victimes. Le groupe rebelle, l'Armée de libération nationale de l'ouest de la Papouasie (TPNPB), a revendiqué l'attaque cette semaine sur une page Facebook, disant avoir exécuté 24 ouvriers.

Les ouvriers ont été tués "parce qu'ils étaient des membres de l'armée indonésienne déguisés. Ce sont nos ennemis", a déclaré à l'AFP Sebby Sambom, porte-parole de TPNPB. "C'est la guerre. Il s'agit de tuer ou d'être tué", a-t-il ajouté.

Un survivant de l'attaque, cité par la police, a décrit des exécutions par balle tandis que d'autres ouvriers qui tentaient de s'enfuir ont été égorgés.

Il s'agit de l'incident le plus grave depuis des dizaines d'années dans la région où une rébellion armée indépendantiste a une activité sporadique.

L'armée continue à rechercher les suspects de l'attaque. "Ils sont de 40 à 50 éparpillés sur différents sites", a précisé à l'AFP le porte-parole de l'armée Dax Sianturi. Et "ils ont le soutien de la population locale".

Les ouvriers étaient employés par la société indonésienne Istaka Karya à construire des routes et des ponts dans pour l'axe Trans-Papouasie qui doit permettre de traverser le territoire enclavé. L'armée indonésienne est présente sur ces chantiers dont elle assure la sécurité.

Des secouristes indonésiens évacuent un survivant de l'attaque d'une groupe rebelle indépendantiste contre des ouvriers travaillant à la construction d'un axe routier, le 6 décembre 2018 à Timika / © AFP / JOSEPH SITUMORANG
Mais de nombreux Papous voient l'Indonésie comme une puissance coloniale et certains s'opposent au développement des infrastructures qu'ils voient comme une mainmise économique forcée.

La Papouasie s'est déclarée indépendante en 1961, mais l'Indonésie a pris le contrôle par la force en 1963 de cette région riche en ressources naturelles. Elle a officiellement annexé la Papouasie en 1969.

De nombreux Papous réclament l'indépendance, comme la Papouasie Nouvelle-Guinée, autre moitié de cette grande île qui l'a obtenue en 1975 après avoir été une colonie australienne.

"Nous voulons être comme la Papouasie Nouvelle-Guinée", a plaidé le porte-parole. Le TPNPB continuera sa lutte "jusqu'à ce que la Papouasie devienne indépendante", a-t-il insisté.



(©AFP / (07 décembre 2018 12h24)


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