Ingérence russe ? "Absurdités", dit Poutine à Trump

Le président américain Donald Trump discute avec son homologue Vladimir Poutine, lors du sommet de l'APEC à Danang, au Vietnam, le 11 novembre 2017 / © SPUTNIK/AFP / Mikhail KLIMENTYEV
Les accusations d'ingérence russe dans la campagne américaine sont des "absurdités", a assuré samedi Vladimir Poutine à Donald Trump lors d'une brève rencontre au Vietnam.

Lors de leurs interactions furtives, le président russe et son homologue américain sont par ailleurs tombés d'accord sur le fait qu'il n'y a "pas de solution militaire" possible à la guerre en Syrie.

Les échanges entre les deux hommes ont fait l'objet d'intenses spéculations pendant deux jours dans la ville côtière de Danang, où ils participaient au forum de l'Asie-Pacifique (Apec).

Les soupçons de collusion entre l'entourage de Donald Trump et le Kremlin et une série de contentieux entre les deux pays ont considérablement compliqué les relations entre les deux hommes.

Mais samedi, à bord d'Air Force One, Donald Trump a confié aux journalistes avoir eu "un bon feeling" avec le président russe lors de "deux ou trois discussions très brèves" en marge du sommet.

Les deux chefs d'Etat ont notamment évoqué les accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine: "Il m'a dit qu'il ne s'était absolument pas mêlé de notre élection", a expliqué Donald Trump.

Ce sont des "absurdités", a de son côté affirmé M. Poutine lors d'une conférence de presse.

Ces accusations blessent Poutine qui se sent "insulté", a d'ailleurs poursuivi le président américain, ce qui n'est pas "bonne chose" notamment pour la résolution de la crise avec la Corée du Nord.

Cette affaire à tiroir qui empoisonne la première année de mandat de Donald Trump a connu une avancée soudaine avec l'inculpation fin octobre de trois anciens conseillers de M. Trump.

Parmi eux son ancien directeur de campagne Paul Manafort, qui est aujourd'hui assigné à résidence.

Tourner la page

L'ancien homme d'affaires de New York et l'ex-chef à la tête du FSB (ex-KGB) n'avaient eu jusqu'à ce jour qu'un seul véritable entretien: en Allemagne, en juillet, en marge du G20.

"Le comportement du président américain est extrêmement correct et bienveillant", a estimé M. Poutine alors que les deux hommes sont apparus tout sourire lors de leurs rapides échanges, notamment avant la traditionnelle photo de famille du sommet de l'Apec.

Toutefois, l'homme fort du Kremlin a estimé que les "relations entre la Russie et les Etats-Unis n'étaient pas encore sorties de la crise". "Mais nous sommes prêts à tourner la page et aller de l'avant", a-t-il assuré.

"Nous voulons avoir des relations harmonieuses avec les Etats-Unis", a assuré le président russe.

Pendant la campagne, Donald Trump a souvent couvert d'éloges le maître du Kremlin. "Nous allons avoir une formidable relation avec (Vladimir) Poutine et la Russie", allait-il répétant avant que tout se complique après son arrivée à la Maison Blanche.

Outre l'élection américaine, les deux chefs d'Etat ont rapidement évoqué la Syrie et "sont d'accord pour dire que le conflit en Syrie n'a pas de solution militaire", selon les termes d'un communiqué conjoint.

Une prise de position commune qui "va sauver de très nombreuses vies", a assuré Donald Trump, assurant s'être mis "très vite d'accord" avec son homologue russe.



(©AFP / 11 novembre 2017 14h54)
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