Le Pakistan érige une clôture le long de la frontière afghane

Un soldat pakistanais monte la garde derrière une clôture métallique le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, à Angoor Adda, le 18 octobre 2017 / © AFP / AAMIR QURESHI
Le Pakistan a commencé à ériger une clôture tout au long de sa poreuse frontière avec l'Afghanistan dans le cadre de la lutte contre les groupes extrémistes présents dans la région.

La puissante armée pakistanaise a conduit mercredi un groupe de journalistes étrangers en une rare visite à la frontière pour y présenter les progrès déjà accomplis depuis mars, lorsque la construction de la barrière avait été annoncée.

Haute d'environ trois mètres et hérissée de barbelés, la clôture court actuellement en plusieurs segments sur environ 43 km dans les zones tribales montagneuses du Nord-Waziristan et Sud-Waziristan.

Elle vise à empêcher les groupes armés comme les talibans ou Al-Qaïda de circuler librement entre les deux pays comme ils le faisaient ces dernières années au grand dam des Etats-Unis.

L'érection de la clôture représente "un changement historique" en matière de contrôle de la frontière, a déclaré un haut gradé au fort Hamza de Angoor Adda, au Sud-Waziristan.

"Il n'y aura pas un pouce de la frontière internationale qui ne sera pas surveillé d'ici à décembre 2018", a assuré le responsable qui a requis l'anonymat.

"Lorsque nous aurons terminé, si Dieu le veut, nous serons certains d'une chose, c'est que personne ne pourra traverser", a-t-il ajouté.

Outre les militaires déployés sur les collines pour surveiller l'autre côté de la démarcation, l'armée utilise aussi des caméras braquées sur la clôture, laquelle reste illuminée la nuit grâce à des panneaux solaires.

Les deux pays sont séparés par la ligne Durand, une frontière de 2.400 kilomètres tracée par les Britanniques en 1896 et contestée par Kaboul. Les deux pays s'accusent mutuellement d'abriter des sanctuaires insurgés sur leur territoire, d'où sont planifiés des attentats sanglants.

La frontière est aussi historiquement le théâtre de nombreux trafics illégaux.

Les populations pachtounes locales ne lui accordaient traditionnellement que peu d'importance, d'autant que nombre de villages sont construits à cheval sur cette ligne, avec parfois des bâtiments ayant une porte au Pakistan et l'autre en Afghanistan.

Les contrôles frontaliers étaient quasi-inexistants -- jusqu'à un renforcement récent par le Pakistan.

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(©AFP / 19 octobre 2017 08h26)
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