Les séparatistes prorusses veulent créer un nouvel État remplaçant l'Ukraine

Alexandre Zakhartchenko, le dirigeant de la république rebelle autoproclamée de Donetsk (DNR), le 8 avril 2015, à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine / © AFP/Archives / DIMITAR DILKOFF
Les autorités séparatistes de l'Est de l'Ukraine, opposées au pouvoir de Kiev, ont annoncé mardi vouloir créer un nouvel État destiné à remplacer l'Ukraine, qui aurait sa capitale au sein des territoires sous leur contrôle.

Ce nouveau pays, qui n'a aucune chance de voir le jour, serait instauré à la suite d'un référendum organisé dans toute l'Ukraine et baptisé "Malorossia" (Petite Russie), un terme qui désignait à l'époque tsariste des territoires correspondant globalement à l'Ukraine moderne.

Selon le projet présenté par les séparatistes, ce nouvel État engloberait l'Ukraine actuelle à l'exception de la Crimée, annexée en mars 2014 par la Russie. Sa capitale serait Donetsk, l'un des bastions rebelle de l'est du pays, tandis que Kiev n'aurait que le statut de "centre historique et culturel".

Une Constitution du futur Etat a été présentée mardi par le dirigeant de la république rebelle autoproclamée de Donetsk (DNR), Alexandre Zakharchenko.

Publié par l'agence de presse des rebelles, celle-ci indique que des représentants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougantsk ainsi que de 19 régions ukrainiennes sont tombés d'accord pour "annoncer l'instauration d'un nouvel Etat, qui sera l'héritier de l'Ukraine".

Le terme de Malorossia rappelle celui de Novorossia (Nouvelle Russie), utilisé par le Kremlin dans les premiers mois de la guerre dans l'est de l'Ukraine pour qualifier les régions russophones de l'est et du sud de l'Ukraine.

L'Ukraine est en proie depuis plus de trois ans à un conflit opposant séparatistes prorusses et forces de Kiev, qui a fait plus de 10.000 morts.

Une affiche montrant Alexandre Zakhartchenko, le dirigeant de la république rebelle autoproclamée de Donetsk (DNR), le 18 mars 2015, à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine / © AFP/Archives / John MACDOUGALL
Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir financièrement et militairement les rebelles, ce que Moscou dément fermement.

Des accord de paix signés à Minsk en février 2015 ont permis une diminution significative des combats, mais les bombardements continuent quotidiennement le long de la ligne de front. Le volet politique de ces accords est, lui, resté lettre morte, les belligérants se rejetant la responsabilité de cet échec.

"Cette annonce est en mesure de bloquer le processus de négociations", a indiqué à la chaîne 112.Ukraïna Evguéni Martchouk, un émissaire de Kiev dans les pourparlers de paix avec les rebelles.

L'annonce surprise des rebelles intervient à la veille d'une nouvelle rencontre à Minsk entre les autorités de Kiev et les séparatistes.



(©AFP / 18 juillet 2017 13h29)