Mali: attaque contre un lieu de villégiature près de Bamako

vue aérienne prise le 08 janvier 2000 d'un quartier de Bamako / © AFP/Archives / PATRICK HERTZOG
Une attaque jihadiste était en cours dimanche après-midi contre un lieu de villégiature situé en périphérie de Bamako fréquenté par des étrangers, premier attentat anti-occidental depuis plus d'un an dans la capitale malienne.

Aucune précision n'a été donnée dans l'immédiat sur d'éventuelles victimes dans l'attaque de cet établissement, connu sous le nom de campement Kangaba.

Cette attaque a été lancée par "de présumés jihadistes", a affirmé à l'AFP un responsable du ministère malien de la Sécurité.

"Les forces spéciales maliennes, appuyées par les forces de (l'opération française antijihadiste) Barkhane et la Minusma (force de l'ONU), ont bouclé le secteur et sont en train de mener des opérations" contre les assaillants, a indiqué ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Trois Maliens et quatre Occidentaux ont été libérés par les forces de sécurité maliennes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les assaillants ont crié "Allah akbar" (Dieu est le plus grand)!", ont témoigné plusieurs des personnes secourues.

La Forsat (Force spéciale antiterroriste), créée en 2016, "est dépêchée sur les lieux", a rapporté de son côté la télévision publique ORTM sur un bandeau déroulant marqué "urgent", faisant état d'échanges de tirs avec les assaillants et ajoutant qu'il "pourrait s'agir d'une attaque terroriste".

Des voisins de ce site situé à la périphérie de Bamako ont dit à l'AFP avoir entendu des coups de feu en provenance du lieu attaqué. Une fumée s'élevait au-dessus du site, vers lequel ont convergé des soldats maliens et de la force française Barkhane, a constaté un journaliste de l'AFP.

- Etat d'urgence depuis 18 mois -

Les forces de l'ordre ont bouclé le secteur. Un bâtiment était en feu dans l'établissement où sont entrés des éléments de l'opération Barkhane, selon un journaliste de l'AFP.

La dernière attaque jihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à mars 2016, contre l'hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant la mission de l'Union européenne qui entraîne l'armée malienne (EUTMMali). Un assaillant avait été tué.

Le 20 novembre 2015, un attentat contre l'hôtel Radisson Blu avait fait 20 morts, outre ses deux auteurs.

Il avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui avait scellé à cette occasion son ralliement à Aqmi.

L'état d'urgence est en vigueur au Mali quasiment sans interruption depuis cet attentat.

En mars 2015, une l'attaque contre le restaurant-bar La Terrasse avait fait cinq morts, dont deux Occidentaux.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Les jihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.



(©AFP / 18 juin 2017 20h49)
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