Pays-Bas : démission du chef de la diplomatie après avoir menti sur une rencontre avec Poutine

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Halbe Zijlstra à sa sortie du Parlement, le 13 février 2018, après avoir annoncé sa démission. / © ANP/AFP / Martijn Beekman
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Halbe Zijlstra a démissionné mardi, admettant devant la chambre basse du Parlement avoir menti sur sa présence au cours d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine.

"Je ne vois pas d'autre option aujourd'hui que de présenter ma démission à Sa Majesté le roi", a-t-il dit, manifestement ému, mettant fin à une polémique grandissante aux Pays-Bas et alors qu'il devait partir quelques heures plus tard pour une visite officielle en Russie.

Le chef de la diplomatie avait admis lundi avoir menti dans une histoire impliquant la Russie, nation que les Pays-Bas accusent eux-mêmes régulièrement de transformer la vérité, notamment dans l'affaire du vol MH17, un avion de ligne abattu en 2014 au-dessus de l'Ukraine.

Le mensonge qui a coûté le fauteuil de Halbe Zijlstra a été proféré en 2016, lorsqu'il avait révélé au cours d'un meeting des propos de Vladimir Poutine, tenus en sa présence dix ans plus tôt, avait-il affirmé.

Halbe Zijlstra faisait ainsi dire au président russe qu'il voulait reconstruire une "Grande Russie" en "annexant la Biélorussie, l'Ukraine et les Balkans".

Mais M. Zijlstra, en poste depuis seulement quatre mois, a avoué lundi ne pas avoir été présent à cette rencontre en question avec Vladimir Poutine.

Il avait affirmé cela pour pouvoir divulguer les propos tenus par M. Poutine sans révéler sa source.

"Je n'aurais vraiment pas dû faire ça. Je suis désolé", a-t-il dit aux députés.

"Il s'agit de la crédibilité du ministre des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas. Cette crédibilité devrait être hors de tout doute à l'intérieur, tout comme à l'extérieur du pays", a déclaré le ministre après avoir annoncé sa démission, alors qu'il devait rencontrer mercredi son homologue russe, Sergueï Lavrov.

La nomination en octobre de M. Zijlstra aux Affaires étrangères dans la fragile coalition à quatre partis avait suscité des doutes en raison de son manque d'expérience au niveau diplomatique.



(©AFP / 13 février 2018 18h18)


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