Pollution en Grèce: consternation des ONG, appel à la démission d'un ministre

Une plage polluée au mazout près d'Athènes, le 14 septembre 2017 / © AFP / Angelos Tzortzinis
Des groupes de défense de l'environnement ont pointé du doigt jeudi l'échec des autorités grecques après le naufrage d'un pétrolier d'où se sont échappées des nappes de mazout dimanche au large de l'île de Salamine, près d'Athènes, qui ont gagné le port du Pirée et des quartiers balnéaires.

Le principal parti d'opposition, Nouvelle Démocratie, a par ailleurs appelé à la démission du ministre de la marine marchande.

"Cette fuite a eu lieu près du plus grand port du pays, à tout juste quelques kilomètres du centre d'opération du ministère qui gère ce genre de catastrophes", a accusé Dimitris Ibrahim, directeur de campagne de la branche de l'organisation internationale Greenpeace en Grèce, au portail d'informations in.gr.

La quantité de mazout qui s'est échappée était de plus "relativement faible", a insisté M. Ibrahim.

Comment "un pays avec un trafic de pétroliers important a été à ce point incapable de protéger ses plages d'un incident de petite échelle", s'interrogeait de son côté l'Ong WWF.

"Il est clair que ce test de préparation a échoué", a considéré pour sa part le directeur général de WWF en Grèce Dimitris Karavelas sur la télévision Skai.

Le ministre de la Marine marchande, Panagiotis Kouroublis, qui n'avait pas interrompu un déplacement à Londres malgré l'incident, devait visiter les zones touchées jeudi.

"Une importante opération est en cours", a t-il assuré à l'agence de presse gouvernementale ANA. "Tout sera nettoyé d'ici 20-25 jours", a-t-il promis, pariant que "cette affaire serait oubliée dans quelques jours".

Le dirigeant de Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, a considéré pour sa part que le Premier ministre Alexis Tsipras "devrait accepter la démission" de M. Kouroublis.

Dimanche, l'Agia Zoni II, un bâtiment de 91 mètres construit en 1972 et battant pavillon grec, a sombré en pleine nuit pour une raison encore imprécise entre le sud-est de Salamine et le Pirée.

Il a laissé échapper quelque 2.500 tonnes de mazout et de carburant pour navires.

Alors qu'une quantité de mazout s'est dans un premier temps déversée sur les plages de Salamine, les autorités se montraient confiantes pour endiguer sa progression jusqu'à d'autres rives.

Mais mercredi, des nappes de mazout touchaient aussi Le Pirée, grand port près d'Athènes à plusieurs kilomètres, ainsi que les localités balnéaires d'Agios Kosmas et de Glyfada dans la banlieue sud-est de la capitale, puis peu à peu les plages populaires de Voula et Vouliagmeni.

"Nous n'aurions jamais pensé que la nappe allait nous atteindre, a témoigné sur Skai le maire de la station huppée de Glyfada Yiorgos Papanikolaou, et si on nous avait prévenu mardi, nous aurions pris des précautions", a-t-il ajouté.

Les maires des communes touchées ont publié des avertissements sur la fréquentation des plages, et les pêcheurs ont été priés d'éviter la zone polluée.

L'Union européenne a ajouté un bateau de nettoyage au dispositif anti pollution.

Une opération était en cours jeudi pour vider l'Agia Zoni du reste du mazout présent à bord. Son propriétaire a affirmé qu'il était en parfait état de navigation. Les causes de son naufrage, alors qu'il était à l'ancre dans la baie par temps clément, demeurent imprécises. Le capitaine et son second, seuls à bord au moment du naufrage, sont poursuivis pour négligence.



(©AFP / 14 septembre 2017 14h17)
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