Pollution radioactive: "aucun incident" sur des installations nucléaires en Russie

Des techniciens de l'IRSN près du panneau de contrôle du simulateur lors d'un exercice de sécurité nucléaire à la centrale nucléaire de Civaux, le 22 septembre 2015 / © AFP/Archives / GUILLAUME SOUVANT
La Russie n'a enregistré "aucun incident ni panne" sur ses installations nucléaires malgré la pollution radioactive au ruthénium-106 détectée par les services météorologiques du pays, a assuré mardi le conglomérat nucléaire public russe Rosatom.

Cette annonce, diffusée par le service de presse du groupe, intervient au lendemain de la confirmation par l'agence météorologique russe Rosguidromet que des concentrations "extrêmement élevées" de ruthénium-106, un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, avaient été détectées fin septembre dans le sud de l'Oural.

"Le radio-isotope Ru-106 a été détecté par les stations d'observation d'Arguaïach et de Novogorny" entre le 25 septembre et le 1er octobre, a indiqué l'agence russe lundi, ajoutant qu'à Arguaïach, "une concentration extrêmement élevée (...) excédant de 986 fois" les taux de ruthénium-106 enregistrés le mois précédent a été détectée.

La station d'Arguaïach est située à proximité du complexe nucléaire Maïak, touché en 1957 par un des pires accidents nucléaires de l'histoire, mais celui-ci a affirmé dans un communiqué que "la pollution radioactive au ruthénium-106 détectée par l'agence Rosguidromet n'est pas liée" à ses activités.

Le complexe, qui sert aujourd'hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé, ajoute n'avoir pas "manipulé de ruthénium-106" au cours de l'année 2017 et n'en avoir pas produit depuis plusieurs années.

Maïak assure aussi que les doses enregistrées par l'agence russe de météorologie sont "20.000 fois inférieures à la dose annuelle admissible et ne présentent pas de risque pour la santé".

Le chef de Rosguidromet, Maxime Iakovenko, a lui aussi assuré mardi que la concentration détectée "ne pose pas de danger à la population", ajoutant que ce n'est pas le rôle de son agence de détecter la source de pollution.

Les conclusions de l'agence russe concordent toutefois avec celles de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français, qui avait estimé début novembre que la pollution radioactive détectée fin septembre en Europe avait son origine "entre la Volga et l'Oural".

L'IRSN estimait que la source de la pollution ne pouvait provenir d'un réacteur nucléaire, car d'autres éléments radioactifs auraient été détectés, et faisait "l'hypothèse d'un rejet issu d'une installation" liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.



(©AFP / 21 novembre 2017 11h21)
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