Syrie: 57 morts dans un raid de la coalition contre une prison de l'EI

Des ambulances arrivent dans Alep ouest le 16 décembre 2016 / © AFP/Archives / Omar haj kadour
Un raid aérien de la coalition dirigée par les Etats-Unis a tué 57 personnes dans une prison du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, Washington soulignant que cette organisation jihadiste restait sa seule cible dans le pays en guerre.

La coalition internationale bombarde l'EI en Syrie et en Irak voisin mais a été ces derniers mois impliquée dans des confrontations avec les troupes du président Bachar al-Assad, faisant craindre une escalade militaire avec le régime syrien dans un conflit déjà très complexe.

Même si la Maison Blanche a souligné lundi que la priorité des Etats-Unis restait la guerre contre l'EI, elle a accusé dans le même temps le régime d'Assad de préparer une potentielle attaque chimique et l'a menacé de représailles.

Le Pentagone a expliqué le lendemain que cet avertissement était motivé par une activité suspecte sur la base aérienne syrienne d'où était partie une précédente attaque en avril selon Washington.

Mardi, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté qu'un bombardement aérien mené la veille par la coalition contre une prison tenue par l'EI à Mayadine (est de la Syrie) avait fait 57 morts -42 civils emprisonnés et 15 jihadistes dont des gardes et des détenus.

- Corps exposés dans la rue -

D'après les sources de l'OSDH dans la ville, l'EI a exposé les corps des victimes dans une rue.

Proche de la frontière irakienne, Mayadine est située dans la province de Deir Ezzor, en grande majorité aux mains de l'EI et bombardé régulièrement par la coalition.

Il y a une semaine, la coalition avait annoncé y avoir tué Turki Albinali, première autorité religieuse autoproclamé de l'EI, dans une frappe menée en mai.

Après la capture en 2014 de larges territoires en Syrie et en Irak, l'EI a depuis perdu du terrain et est la cible aujourd'hui de deux offensives distinctes pour le chasser de ses principaux fiefs de Raqa en Syrie et de Mossoul en Irak.

Les Etats-Unis appuient militairement ces deux offensives mais leur rôle en Syrie devient de plus en plus complexe.

Ils sont officiellement présents en Syrie pour conseiller et armer les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo kurde syrienne, rivale du régime, qui tente actuellement de conquérir Raqa.

Mais le 18 juin, les forces américaines ont abattu un avion syrien arguant qu'il menaçait les FDS. Et à trois reprises depuis début mai dans la région d'Al-Tanaf, près de la frontière avec l'Irak et la Jordanie, elles ont bombardé des combattants prorégime qui menaçaient des soldats de la coalition.

Déjà en avril, les Etats-Unis intervenaient pour la première fois militairement contre le régime Assad en tirant 59 missiles contre une de ses bases aériennes.

Ils avaient alors affirmé riposter à une attaque chimique, lancée selon eux à partir de cette même base, contre Khan Cheikhoun (nord-ouest) qui avait fait 88 morts, dont 31 enfants, le 4 avril.

Damas a démenti toute implication dans cette attaque, alors que M. Assad a maintes fois assuré avoir remis tous ses stocks d'armes chimiques, conformément à un accord mis au point sous les auspices de la Russie.

- Nouvelle attaque chimique ? -

Mais lundi, les Etats-Unis ont accusé à nouveau le régime de probablement "préparer" une attaque chimique.

"Les Etats-Unis ont identifié de potentiels préparatifs d'une autre attaque chimique par le régime Assad qui pourrait provoquer le massacre de civils, y compris des enfants innocents", a écrit le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, dans un communiqué.

Ces activités "sont similaires aux préparatifs du régime avant son attaque à l'arme chimique du 4 avril", a-t-il noté. Si M. Assad lançait une autre attaque à l'arme chimique "lui et son armée paieraient le prix fort", a prévenu Sean Spicer.

Le Kremlin, allié du régime syrien, a vivement réagi, condamnant les "menaces inadmissibles" de Washington contre M. Assad.

Dans le même temps, Sean Spicer a tenu à rappeler dans son communiqué que l'objectif des Etats-Unis en Syrie était uniquement de lutter contre l'EI et pas de lancer une guerre contre le régime.

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a lui souligné que son pays ne se laisserait pas entraîner contre son gré dans la guerre en Syrie. Les forces américaines n'ouvriront le feu "que si elles ont affaire à l'ennemi, à l'EI".



(©AFP / 27 juin 2017 17h27)