Trois personnes encore disparues à Majorque après les inondations meurtrières

Une rue inondée de Sant Llorenc des Cardassar à Majorque, île des Baléares, le 10 octobre 2018 / © AFP / M.LOPEZ
Les sauveteurs tentaient jeudi de retrouver un enfant et deux Allemands disparus après les inondations meurtrières qui ont déjà fait dix morts, dont un couple de Britanniques et une Néerlandaise, à Majorque, sur l'archipel espagnol des Baléares, en Méditerranée.

"Les recherches du couple allemand et de l'enfant de 5 ans disparus se poursuivent", a indiqué le gouvernement régional sur Twitter.

Ce qui porte le nombre de disparus à trois. Mais "nous n'excluons pas qu'il puisse y en avoir plus", a indiqué Catalina Caldera, membre du gouvernement régional.

Environ 900 personnes, dont des plongeurs, sont mobilisées pour les recherches et le nettoyage des zones touchées.

Une rue envahie par la boue à à Sant Llorenc des Cardassar, le 10 octobre 2018 / © AFP / M.LOPEZ
"On emploie des chiens capables de trouver des cadavres et des drones", a indiqué le lieutenant-colonel Javier Moreno de l'Unité militaire d'Urgence sur la chaîne Antena 3.

Un porte-parole de la préfecture aux Baléares a précisé que l'enfant de cinq ans était en voiture avec sa mère, qui a été retrouvée morte, et sa soeur qui a survécu. Selon les médias locaux, la mère est parvenue à sauver sa fille avant que la voiture ne soit emportée par le torrent, ce que ce porte-parole n'était pas en mesure de confirmer.

Les deux Allemands sont eux recherchés car leur voiture a été retrouvée en bon état avec des papiers à l'intérieur mais "ils n'ont pas pu être localisés" depuis, a ajouté le porte-parole.

Inondations à Majorque / © AFP / Laurence SAUBADU
Selon le dernier bilan, dix personnes sont mortes, dont deux Britanniques, une Néerlandaise et sans doute un quatrième étranger encore non identifié, dans ces inondations qui ont frappé Majorque mardi en fin de journée.

Les Baléares, qui ont reçu l'an dernier 13,8 millions de touristes étrangers, sont prisées des Allemands et des Britanniques qui y passent leurs vacances ou s'y sont établis.

- Emportés dans leur taxi -

Minute de silence dans l'académie de Rafael Nadal, le 11 octobre 2018 à Manacor / © AFP / JAIME REINA
Trois jours de deuil ont été décrétés par le gouvernement régional tandis qu'une minute de silence a été observée jeudi dans l'académie de Rafael Nadal, dans la ville voisine de Manacor, en présence de la star mondiale du tennis, originaire de cette ville.

Situé à une dizaine de kilomètres de la mer et à une soixantaine à l'est de Palma de Majorque, capitale de l'archipel, le village de Sant Llorenç des Cardassar a été le plus touché. Il a été dévasté par les eaux d'un torrent qui traverse la partie basse du village et a débordé après des pluies diluviennes, inondant des habitations et emportant tout sur son passage.

Et notamment le taxi dans lequel voyageait le couple de Britanniques qui ont été retrouvés morts dans le véhicule, selon le porte-parole de la délégation du gouvernement. Le corps du chauffeur a été retrouvé en aval. Selon les médias locaux, le couple se rendait à son hôtel sur la côte après être arrivé à l'aéroport de Palma.

Image de destruction à Sant Llorenc des Cardassar, le 10 octobre 2018 / © AFP / M.LOPEZ
Les pluies ont pris tout le monde de court par leur intensité. "L'eau est montée de deux mètres en trente secondes. J'ai pu sortir par la fenêtre (de la voiture) et je me suis réfugié sur le toit de la maison d'un voisin", a raconté Pedro Sanchez, un habitant du village, à l'AFP.

- Polémique -

A Sant Llorenç, une boue épaisse recouvrait les rues encore jonchées de voitures détruites, de meubles ou de jouets: une moto en plastique, un ballon de basket crevé. Des pelleteuses et des grues étaient utilisées pour dégager les maisons.

Inondations à Majorque: Sant Llorenç, un village dévasté / © AFP / Anahi Aradas
"Nous avons dû jeter des meubles et tentons de sauver tout ce qui peut l'être", a indiqué Cati Morey, qui a un institut de beauté dans le village.

"Personne ne s'attendait à ça, personne ne nous a prévenus", s'est lamenté Antonio Galmés Riera, âgé de 55 ans, bottes aux pieds, qui n'a plus d'eau ni d'électricité.

Un constat partagé par plusieurs habitants, signe de la polémique qui commence à enfler. En Une de son édition de jeudi, le quotidien El Pais titre: "La tragédie de Majorque révèle de graves erreurs de coordination et d'urbanisme".

Pour l'association Ecologistes en action, "la tragédie de Sant Llorenç aurait pu être évitée" si la législation interdisant de construire dans les zones inondables avait été respectée.



(©AFP / (11 octobre 2018 15h54)


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