Espagne: inquiet, le Roi avait forcé son gendre à changer de travail en 2006


MADRID - Le Roi d'Espagne avait ordonné dès 2006 à son gendre, Inaki Urdangarin, d'abandonner la présidence d'une société de mécénat soupçonnée aujourd'hui de corruption, après avoir découvert des activités alors jugées inadéquates, selon une source de la Maison Royale.

Il lui avait été ordonné d'abandonner ses activités et il avait vendu ses parts, a expliqué à l'AFP une source du service de presse de la Maison Royale, confirmant des informations publiées dimanche dans la presse espagnole.

On lui avait dit qu'il ne devait plus travailler à son compte et qu'il serait plus judicieux qu'il travaille à l'étranger afin d'établir de manière très claire l'impression qu'il avait complètement pris ses distances avec ses activités antérieures, a ajouté cette source.

Une enquête pour corruption impliquant l'Institut Noos, une société de mécénat présidée entre 2004 et 2006 par Inaki Urdangarin, braque depuis plusieurs semaines les projecteurs sur cet ancien champion de handball marié à l'Infante Cristina, la plus jeune des filles du roi Juan Carlos et de la reine Sofia.

La Maison Royale n'avait pas découvert de mensonges ni d'escroqueries en 2006, précise la source.

En revanche, le conseiller juridique de la Maison Royale avait estimé que l'institut Noos se livrait à des activités qui pouvaient être de nature commerciale et n'étaient pas conformes avec sa forme juridique, celle d'une association à but non lucratif.

En juin 2006, le gendre du roi avait abandonné la présidence de l'Institut Noos avant d'accepter un poste de conseiller chez Telefonica la même année.

Le géant espagnol des télécoms l'avait ensuite muté à Washington en 2009, où il demeure encore avec sa famille.

Fascinés par un scandale inédit, les médias espagnols enchaînent les révélations ainsi que les analyses sur ses conséquences potentielles pour le prestige de la famille royale.

Embarrassée par un tel tapage médiatique, la discrète Maison Royale a décidé le 12 décembre d'écarter le duc de Palma des activités officielles de la famille royale. Elle publiera en outre pour la première fois le détail de ses comptes d'ici la fin de l'année.

Mais les révélations ont déjà en partie écorné l'image de la famille royale: 13% des Espagnols assurent que leur opinion de la Couronne a empiré ces derniers jours, selon un sondage Metroscopia publié dimanche par le journal El Pais et réalisé les 14 et 15 décembre auprès de 1.000 personnes.

Toutefois, huit Espagnols sur dix (81,3%) soulignent encore le rôle fondamental du roi Juan Carlos, un homme très respecté pour avoir mené l'Espagne vers la démocratie après la mort de Francisco Franco en 1975, selon un autre sondage réalisé par NC Report auprès de 900 personnes du 13 au 16 décembre et publié dimanche par le quotidien conservateur la Razon.

(©AFP / 18 décembre 2011 16h29)

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