L'Académie des sciences appelle à évaluer vite les réserves de gaz de schiste


PARIS - L'Académie des Sciences a appelé lundi dans un rapport à évaluer sans tarder les réserves en gaz de schiste du sous-sol français et à soutenir à la fois les énergies renouvelables et le nucléaire.

Face au déclin prévisible du pétrole conventionnel, il faut examiner sans retard les possibilités d'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels et notamment les gaz de schiste, a écrit l'Académie dans un document intitulé La recherche scientifique face aux défis de l'énergie.

Ceci devra être fait après une évaluation des réserves et une prise en compte des contraintes d'environnement et de protection des nappes phréatiques, précise le rapport, issu d'une auto-saisine de 2010 mais qui tombe en plein lancement du débat national sur la transition énergétique.

L'avenir énergétique est trop incertain pour qu'on puisse se permettre de ne pas faire au minimum une évaluation des potentialités, ajoutent les membres du Comité de prospective en énergie de l'Académie.

Le gouvernement a pour le moment fermé la porte à l'exploitation du gaz de schiste et interdit la fracturation hydraulique, seule technique d'exploitation actuellement au point, mais le président Hollande a récemment dit qu'il prendr(ait) ses responsabilités si une nouvelle technique respectueuse de l'environnement apparaissait.

Le rapport de l'Académie, qui passe en revue chaque filière énergétique, identifie leur potentiel et les pistes de recherche à creuser.

Ces travaux mettent en avant une nécessaire diversification des ressources pour faire face à la transition énergétique imposée à terme par le déclin des combustibles fossiles. Il faut se préparer à une introduction plus importante des énergies renouvelables dans le mix énergétique avec le défi de maîtriser leur intermittence, soulignent les membres de l'Académie.

Cela impliquera de trouver des solutions au problème de stockage de l'énergie et de l'extension du réseau de transport d'électricité, insistent les auteurs du rapport.

Ils réaffirment aussi la place particulière du nucléaire en France (40% du mix énergétique contre 5% dans le monde), qui permet de réduire la dépendance aux énergies fossiles, et les différents axes de recherche à soutenir (réacteurs 4e génération, fusion).

Interrogé sur les dégâts environnementaux liés à la fracture hydraulique, Vincent Candel, le président du comité, a affirmé lundi lors d'une présentation à la presse que des précautions pouvaient être prises pour une exploitation propre.

Si on prend des précautions, comme des tubages, des forages consolidés, la fracturation peut se faire dans de bonnes conditions, pour éviter les fuites et la pollution de nappes phréatiques, a-t-il déclaré.

(©AFP / 14 janvier 2013 17h24)