Le Zimbabwe veut exporter les diamants de Marange malgré des oppositions


HARARE - Le Zimbabwe voudrait pouvoir reprendre l'exportation des diamants extraits de ses mines de Marange alors qu'une réunion internationale de l'organisme chargé de lutter contre la vente de diamants du sang s'est ouverte à Kinshasa, a rapporté un quotidien officiel mardi.

Le Zimbabwe satisfait aux critères minimums du Processus de Kimberley et cela a été confirmé lors de la dernière session plenière du système de certification internationale qui vise à éliminer du marché les diamants dont la vente finance des guerres, a dit le ministre des Mines Obert Mpofu en marge d'une réunion qui s'est ouverte lundi à Kinshasa, selon le quotidien Herald.

Citez moi un pays en Afrique qui a investi autant que nous l'avons fait dans la région de Marange, dans l'est du Zimbabwe, a-t-il ajouté, soulignant que nous ne devons pas abandonner notre droit à l'exportation de diamants.

L'ambassadeur du Canada au Zimbabwe, Barbara Richardson a affirmé à la télévision nationale que ces discussions allaient permettre de trouver une solution. Nous voulons que les acheteurs souhaitent acheter des diamants de tous les pays mais afin qu'ils soient certifiés par le processus de Kimberley il y a un minimum de d'obligations à remplir a-t-elle dit.

Je pense qu'il y aura des discussions positives et une résolution qui permettra au Zimbabwe d'être encore enregistré comme l'est le Canada a-t-elle ajouté.

Les mines de Marange, considérées comme les plus riches découvertes en Afrique depuis des décennies, ont été envahies par l'armée zimbabwéenne en 2008. Les soldats ont alors expulsé des milliers de mineurs, avant de forcer des civils à faire le travail.

Selon des groupes de défense des droits de l'homme, quelque 200 personnes y ont été tuées, et d'autres battues ou violées. Des actes de violence horribles et inacceptables avaient été dénoncés par les experts du Processus de Kimberley qui avait suspendu en novembre 2009 les autorisations de ventes de diamants de Marange.

M. Mpofu a assuré que le Zimbabwe avait investi pendant deux ans dans la région de Marange pour répondre à toutes les questions soulevées par le processus de Kimberley, sans aide internationale, et a estimé que le Zimbabwe n'était pas traité de manière juste.

En mars, la République démocratique du Congo -- qui entretient des liens étroits avec le président zimbabwéen Robert Mugabe et préside actuellement le processus de Kimberley -- a pris la décision unilatérale d'autoriser le Zimbabwe à vendre ses diamants de Marange.

La décision a provoqué un tollé des autres membres du processus de Kimberley et la mesure a été suspendue sans qu'aucune vente n'ait eu lieu.

(©AFP / 21 juin 2011 17h39)

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