Municipales au Nicaragua: large victoire du parti du président Ortega


MANAGUA - Le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) du président du Nicaragua, Daniel Ortega, a écrasé l'opposition de droite lors des municipales de dimanche, selon des résultats partiels, confortant le pouvoir de l'ancienne guérilla après les élections générales de 2011.

A l'issue d'un scrutin marqué par une faible participation (moins de 60%), le FSNL a remporté 134 des 153 municipalités du pays, 25 de plus que dans la précédente mandature, recueillant environ 75% des suffrages, après le dépouillement lundi de plus de 50% des bureaux de vote.

L'année dernière, l'ancien guérillero de gauche Daniel Ortega, proche allié du président vénézuélien Hugo Chavez et revenu au pouvoir en 2007, avait déjà fait un pas vers l'hégémonie politique après sa réélection avec plus de 60% des voix, alors que le FSLN remportait 62 des 92 sièges du Parlement unicaméral.

Le FSLN a désormais la responsabilité absolue de ce qui se passe (dans le pays). Ceci est gravissime, a déclaré à l'AFP l'analyste politique Sofia Montenegro, selon qui la faible participation est une manifestation du rejet politique envers le gouvernement.

Dimanche, le FSLN a conservé la mairie de Managua qu'il détient depuis 12 ans et remporté des bastions de droite, dont certains ont été le théâtre de la guerre civile qu'a connue le pays dans les années 1980.

A cette époque, le gouvernement américain finançait les Contras, une guérilla de droite, pour tenter de renverser le pouvoir sandiniste qui avait pris les rênes du pays en 1979, après avoir provoqué la chute de la dictature de la famille Somoza.

Selon les résultats partiels de dimanche, le Parti libéral indépendant (PLI, droite) a obtenu 16% des suffrages au niveau national et se positionne comme la deuxième force politique du pays, loin devant le Parti libéral constitutionnaliste (PLC) de l'ex-président Arnoldo Aleman (1996-2002).

Nous sommes pleins de joie, de reconnaissance (...) parce qu'ici le peuple gouverne, le peuple dirige, le peuple est président et le peuple est maire dans (encore) plus de municipalités, a déclaré lundi sur la radio publique la première dame et porte-parole du gouvernement, Rosario Murillo.

Le président du groupe civique Ethique et Transparence (EyT), Roberto Courtney, a jugé qu'il y avait eu un énorme recul au niveau de la participation électorale parce qu'il n'y avait pas eu les conditions pour que les citoyens opposés au gouvernement votent.

Selon le président du tribunal électoral, Roberto Rivas, la participatiopn s'est élevée à 57%.

La présidente de l'ONG Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh), Vilma Nuñez, a qualifié le scrutin de mascarade et dénoncé notamment des problèmes rencontrés par des électeurs pour trouver leur centre de vote ou la militarisation des bureaux de vote.

Dans un communiqué publié lundi, le département d'Etat américain s'est dit préoccupé par ce qu'il a qualifié de manque de transparence du scrutin.

(©AFP / 05 novembre 2012 23h34)

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