Allemagne: l'immunité du président de la République en péril


La pression monte sur le président de la République allemande Christian Wulff, éclaboussé par un scandale depuis plusieurs semaines. Le Ministère public de Hanovre a demandé jeudi soir la levé de son immunité, pour des soupçons de prévarication.

Le parquet de Hanovre, capitale de l'Etat de Basse-Saxe, a annoncé en soirée un "début de suspicion" concernant le président allemand, dont les fonctions sont essentiellement honorifiques. La veille, la chancellerie de Basse-Saxe avait remis au parquet 16 classeurs et des cahiers concernant M. Wulff, 52 ans qui a dirigé cet Etat régional de 2003 à 2010.

M. Wulff bénéficie de l'immunité pour la durée de son mandat et est ainsi protégé d'éventuelles poursuites pénales. Le procureur ne pourra donc lancer de procédure contre le Président de la République que si les députés du Bundestag (chambre basse du parlement) lèvent son immunité.

Avantages financiers

M. Wulff est depuis mi-décembre sous le feu des critiques des médias allemands qui l'accusent d'avoir profité de sa position à la tête de la Basse-Saxe pour obtenir des avantages financiers divers et multiples, puis d'avoir tenté d'étouffer ces affaires. Début janvier il a refusé de démissionner.

Le président allemand a été pêle-mêle attaqué pour avoir occulté un prêt, pour avoir profité de vacances gratuites chez de riches entrepreneurs en Italie, à Majorque, aux Etats-Unis, puis pour avoir tenté de faire pression sur des journalistes, notamment sur le puissant journal "Bild" afin d'empêcher la sortie de nouvelles révélations.

Si la levée de l'immunité de M. Wulff obtenait le feu vert, ce serait une première dans l'histoire de la République fédérale. Les députés ne peuvent cependant pas décider du limogeage du président. Seule la Cour constitutionnelle peut mettre un terme de manière prématurée à un mandat de cinq ans.



(ats / 17.02.2012 07h09)