BONDS EUROPE/Le marché poursuit sa détente au lendemain du sommet Merkel-Sarkozy

Paris (awp/afp) - Le marché obligataire européen a poursuivi sa détente mercredi, profitant davantage des effets des rachats d'obligations d'Etat par la Banque centrale européenne que du sommet entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy peu convaincant aux yeux des investisseurs.

A 18H00, les taux à 10 ans de l'Allemagne baissaient nettement à 2,201% contre 2,323% mardi à la clôture et ceux de la France à 2,828% contre 2,920%.

Les rendements des pays dits fragiles reculaient également. Les taux espagnols à 10 ans s'inscrivaient à 4,919% contre 4,966% la veille, ceux de l'Italie à 4,921% contre 4,988% et ceux du Portugal à 10,182% contre 10,234%. "Les marchés tiennent en très grande partie grâce à la Banque centrale européenne qui rachète des obligations d'Etat de pays en difficulté aux premiers rangs desquels des bons italiens et espagnols", souligne Frédérik Ducrozet, économiste pour Crédit Agricole CIB.

Il déplore que le sommet de mardi très attendu entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy n'ait pas débouché sur des décisions applicables "à court terme" pour calmer l'angoisse des investisseurs.

Les deux dirigeants ont affiché leur unité, proposant une batterie de mesures: gouvernement économique de la zone euro, règle d'or budgétaire, convergence fiscale entre pays européens, taxe sur les transactions financières.

Mais ils ont écarté un renforcement du fonds de secours européen (FESF) et la création d'euro-obligations.

Le couple franco-allemand a accentué sa pression ce mercredi, proposant de suspendre le paiement des fonds structurels et de cohésion aux pays de la zone euro incapables de maÎtriser leurs déficits budgétaires.

Trois fonds, dotés au total de 347,4 milliards d'euros pour la période 2007-2013, permettent à l'Union européenne d'octroyer des aides financières à des programmes pluriannuels de développement régional négociés entre les régions, les Etats membres et la Commission.

Depuis plusieurs séances, le marché obligataire retrouve son calme grâce au rachat par la BCE d'obligations italiennes et espagnoles.

Nous pensons que la banque centrale "va tenter de préserver le seuil des 5% pour les taux à 10 ans" espagnols et italiens, jugent les stratégistes de BNP Paribas.

Mais l'apaisement reste fragile.

D'autant que l'institut basé à Francfort "va petit à petit diminuer son programme de rachat", souligne Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis, "une fois qu'il y aura mis un terme l'emballement risque de repartir de plus belle".

Hors zone euro, le Gilt britannique s'inscrivait à 2,445%, contre 2,558% mardi.

Aux Etats-Unis, le rendement du bon du Trésor à 10 ans était à 2,229% contre 2,220% la veille et celui à 30 ans à 3,659% contre 3,667%. Les taux courts s'établissaient à 0,01%.

Sur le marché interbancaire, l'Euribor à trois mois, principal taux en zone euro a reculé à 1,535% contre 1,536% mardi et le Libor à trois mois libellé en dollars est monté à 0,295% contre 0,293%.

rp



(AWP / 17.08.2011 18h46)

News les plus lues