BONDS EUROPE/Les taux longs grecs près des 17%, un nouveau record

Paris (awp/afp) - Les taux longs grecs sont passés au-dessus de 17% lundi en séance, atteignant un nouveau record, la dégradation de la note du pays par Fitch et les désaccords entre les instances européennes sur les solutions à apporter au pays inquiétant de plus en plus le marché.

A 18H30 (16H30 GMT), les taux grecs à 10 ans montaient à 16,819% contre 16,375% vendredi après avoir grimpé à 17,071% en milieu de journée, un niveau inédit depuis l'entrée du pays dans la zone euro.

"La cacophonie entre la Banque centrale européenne et les dirigeants de la zone euro sur une éventuelle restructuration de la dette hellénique continue à peser lourdement sur le marché", a souligné Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

La Banque centrale européenne (BCE) s'oppose fermement à cette idée, qui n'est désormais plus écartée par certains dirigeants comme le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

Lors d'un entretien accordé à un journal dominical grec, M. Papandreou a catégoriquement écarté l'idée d'une restructuration.

Le contexte est déjà très défavorable pour Athènes, alors que Fitch a abaissé vendredi de trois crans la note de la dette à long terme du pays vu "l'étendue du défi" qui attend la Grèce pour mettre en oeuvre le programme de réformes fiscales et structurelles nécessaire pour réduire sa dette et son déficit.

Le gouvernement grec a peaufiné lundi un nouveau plan de redressement économique, combinant accélération des privatisations et sursaut de rigueur, dans l'espoir de satisfaire les bailleurs de fonds du pays.

L'ensemble des pays jugés fragiles de la zone euro ont été pénalisés par une aversion au risque, les investisseurs s'inquiétant aussi de l'état de santé de l'économie mondiale alors que même la Chine montre des signes de faiblesses: la croissance de l'activité manufacturière chinoise a ralenti en mai à un plus bas depuis 10 mois.

Les taux espagnols par exemple sont montés à 5,500% contre 5,471% vendredi à la clôture, avoisinant leur plus haut historique.

La quatrième économie de la zone euro a été traversée ce week-end par un mouvement de contestation inédit contre le chômage et la crise économique, alors que se tenaient dimanche des élections locales qui ont vu perdre les socialistes au pouvoir. Cette nette défaite pourrait rendre plus difficile la mise en place de réformes pour lutter contre un emballement de la dette, ont fait valoir plusieurs experts.

Du côté des pays considérés comme solides, le rendement du Bund allemand à 10 ans reculait à 3,013% contre 3,055% vendredi, profitant de son rôle de valeur-refuge, et celui de l'OAT française, à 3,403% contre 3,444%. Hors zone euro, le taux du Gilt britannique était à 3,303% contre 3,343%.

Outre-Atlantique, le rendement du bon du Trésor à 10 ans descendait à 3,108% contre 3,145% vendredi soir et celui du bon à 30 ans à 4,256% contre 4,298%. Les taux à échéances courtes étaient stables à 0,05%.

Sur le marché interbancaire, l'Euribor à trois mois, principal taux en zone euro, a progressé à 1,435% contre 1,434% jeudi et le Libor à trois mois libellé en dollars est tombé à 0,257% contre 0,258% la veille.

sm



(AWP / 23.05.2011 18h44)