Barrick Gold T3: Licenciements, gel du projet chilien, baisse du bénéfice

Montréal (awp/afp) - Le premier producteur d'or mondial a annoncé jeudi une baisse de son bénéfice au 3e trimestre, une réorganisation de ses activités, la suspension du projet minier au Chili et la suppression de 1850 emplois dans le monde.

Après la perte de 8,6 mrd USD au deuxième trimestre, le groupe minier a engagé une restructuration avec l'objectif d'économiser 500 mio USD en rythme annuel.

Ce plan "maintenant largement engagé", selon le communiqué du groupe, s'accompagne d'une remise à plat de l'organisation avec la suppression de toutes les unités régionales afin de réduire les circuits de décision. Cette nouvelle organisation qui sera effective en tout début 2014 se traduit par la suppression de 1.850 emplois et sur ce total près de 1.600 salariés ont déjà quitté le groupe.

Sur le plan financier, Barrick Gold a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net de 172 mio USD en nette baisse sur les 649 mio USD l'an dernier. Après retraitement et à périmètre comparable, le bénéfice net ajusté est ressorti à 577 mio USD en baisse sur les 880 mio USD. Le bénéfice net ajusté par action est ressorti à 58 cents (contre 88 cents) supérieur aux attentes des analystes qui tablaient sur 51 cents de bénéfice net par action.

Cette baisse du résultat s'explique, selon Barrick Gold, par l'impact des prix de l'or et du cuivre plus bas, une augmentation de la charge fiscale et des frais financiers que n'ont pas compensé les ventes plus importantes de cuivre.

Le chiffre d'affaires s'est réduit à 2,9 mrd USD contre 3,4 mrd USD sur la même période l'an dernier.

La production d'or a été de 1,85 mio d'onces pour des ventes de 1,78 mio à comparer aux 1,78 mio d'onces produites sur le troisième trimestre 2012 et des ventes de 1,79 mio. Barrick Gold a indiqué que les ventes de son or se sont faites au prix moyen de 1323 USD, soit moins que les 1655 USD l'once l'an dernier.

Le groupe a annoncé geler son projet minier de Pascua-Lama au Chili après la décision en septembre de la justice chilienne de suspendre la construction de cette mine géante à la frontière entre l'Argentine et le Chili en réclamant des aménagements notamment sur la gestion de l'eau.

"La décision de relancer ce projet dépendra" de la revue générale de la rentabilité du projet compte tenu des coûts associés à la mise en production, aux perspectives des prix des métaux et aussi de la levée "des incertitudes" sur les exigences réglementaires et juridiques, a expliqué Barrick Gold.

La construction de cette mine, appelée à devenir la plus grande du monde, est vivement contestée localement, tant par des habitants des régions concernées côté argentin et chilien, que par des associations écologistes.

afp/al



(AWP / 31.10.2013 13h17)