CH/Franc fort: large adhésion des milieux économiques à la décision de la BNS

synthèse des réactions des milieux économiques

Berne (awp/ats) - La décision de la Banque nationale suisse (BNS) de fixer un cours plancher de 1,20 franc pour un euro suscite une large adhésion des milieux économiques. Si les organisations patronales approuvent sans réserve, les syndicats réclament des mesures supplémentaires.

La mesure était nécessaire face au risque pour l'emploi, estime le chef économiste d'economiesuisse Rudolf Minsch. "Des circonstances exceptionnelles exigent des mesures exceptionnelles", a-t-il déclaré mardi à l'ats.

Le cours plancher de 1,20 franc pour un euro n'est toutefois pas gravé dans le marbre, ajoute-t-il. Si besoin est, il pourrait être ultérieurement revu à la hausse. La question reste de savoir quel cours la banque centrale peut imposer", note-t-il.

"Dans un premier temps, la BNS peut défendre de façon crédible un taux de 1,20 franc, sans devoir prendre des risques importants". Dans une phase de surévaluation, relativement peu d'argent est nécessaire pour affaiblir le franc, relève Rudolf Minsch.

L'Union suisse des arts et métiers (USAM) approuve également la décision de la BNS. "Nous saluons le fait que la BNS montre la volonté d'affaiblir le franc", a indiqué son directeur Hans-Ulrich Bigler. Il est toutefois critique sur le potentiel d'inflation créé par la fixation d'un cours plancher.

A ses yeux, il s'agit de trouver un juste milieu entre le soutien à l'économie et le contrôle de l'inflation. L'objectif annoncé par la banque centrale constitue un bon compromis, selon Hans-Ulrich Bigler.

D'après Bernard Lambert, chef économiste auprès de la banque Pictet & Cie, cette mesure ne devrait pas occasionner une accélération de l'inflation, qui pour l'instant reste très faible en Suisse. Les prix à la consommation en Suisse ont continué de baisser en août, de 0,3% par rapport à juillet. En rythme annuel, le renchérissement s'inscrit à 0,2%.

"Il n'y a pas de raison qu'il y ait de l'inflation. La création de liquidités ne doit pas forcément générer de l'inflation", estime Bernard Lambert. L'économiste juge par ailleurs très crédible l'action de la BNS.

Swissmem se montre aussi très satisfaite de la ferme intention de la BNS de vouloir défendre un cours plancher de 1,20 franc pour un euro. Selon l'association faÎtière des machines, il s'agit d'un "signal extrêmement positif" pour l'industrie d'exportation, durement touchée par le phénomène du franc fort.

Pour Swissmem, la fixation d'un cours plancher est une première étape vers un affaiblissement continu du franc. L'association appelle tous les acteurs politiques à resserrer les rangs derrière la BNS.

Pour sa part, l'Union syndicale suisse (USS) salue également l'annonce de l'institut d'émission. Il est important que la BNS déclare que le franc est à un niveau élevé et qu'elle est prête à prendre des mesures supplémentaires, a relevé Daniel Lampart, chef économiste auprès de l'USS.

La centrale syndicale réclame cependant des "mesures plus ambitieuses". L'USS réitère son appel en faveur d'un taux de 1,40 franc pour un euro. Avec un cours inférieur à ce niveau, les salaires et les emplois restent en danger, selon elle. L'objectif de taux de 1,40 franc est illusoire, rétorque Rudolf Minsch.

Pour Employés Suisse, l'intervention de la BNS est un petit pas dans la bonne direction. L'organisation exige quant à elle un taux de change minimum de 1,35 franc pour un euro, niveau nécessaire pour maintenir les places de travail dans l'industrie d'exportation.

Travail.Suisse réclame également des mesures supplémentaires. Le Parlement doit approuver le paquet de soutien à l'économie helvétique décidé par la Conseil fédéral lors de la session d'automne, souligne l'association faÎtière.

ats/rp



(AWP / 06.09.2011 15h01)