CH/Initiative Minder: les caisses de pension craignent des coûts plus élevés

Berne (awp/ats) - Les caisses de pension redoutent du travail supplémentaire et des coûts administratifs plus élevés en cas d'acceptation de l'initiative sur les salaires abusifs soumise au peuple le 3 mars prochain. Celle-ci les contraint d'user de leur droit de vote durant les assemblées générales.

L'association suisse des institutions de prévoyance (ASIP) estime qu'une caisse de pension a en moyenne 50 à 100 titres d'actions suisses dans son portfolio, selon son directeur Hanspeter Konrad, contacté lundi par l'ats. Si elle doit se pencher sur tous les points à l'ordre du jour de ces sociétés, cela lui coûterait entre 150 et 300 heures d'effort supplémentaires, d'après l'ASIP.

L'association ne donne pas d'indications sur l'augmentation des coûts administratifs qui en découleraient. "L'acceptation de l'initiative n'aurait pas d'effets directs pour les assurés", note Hanspeter Konrad. "Ceux-ci devraient à la rigueur calculer un rendement plus bas à moyen terme."

Christoph Ryter, président de l'ASIP et directeur de la caisse de pension de Migros, espère un "non" à l'initiative: "Instaurer de cette manière une obligation de vote entre en contradiction avec ma compréhension de la conduite d'une caisse orientée vers les partenaires sociaux et consciente des coûts", a-t-il déclaré lundi dans le "Blick".

ESQUIVES POSSIBLES

Les partisans de l'initiative doutent des estimations de l'ASIP. "Ces chiffres tombent du ciel", s'offusque un des initiants, Claudio Kunster, contacté par l'ats. Il concède que les coûts pour les caisses de pensions pourraient monter, mais l'effort supplémentaire serait selon lui moindre que les dommages infligés aux caisses si une société n'a pas été dirigée de manière durable.

D'après Stephan Wyss, président de la Chambre suisse des actuaires-conseils (CAC), les caisses de pension pourraient esquiver ces coûts administratifs. "Une acceptation de l'initiative les mènerait à évoluer davantage vers des capitaux indirects, où l'effort supplémentaire à fournir est moindre, tels que des fonds de placement", explique-t-il.

Autre possibilité: déléguer le droit de vote à des représentants indépendants ou des fournisseurs de services d'actionnariat, comme la fondation Ethos. Plusieurs caisses font déjà usage de cette option. Elles doivent néanmoins payer un tarif pour la délégation du droit de vote.

CONTRE-PROJET PLUS LÉGER

Le contre-projet indirect à l'initiative ne prévoit pas un exercice obligatoire du droit de vote. Il demande seulement aux caisses d'user "autant que possible" de celui-ci. "Le contre-projet ne changerait pas beaucoup le règlement actuel et correspond sur le principe au statu quo", fait remarquer Stephan Wyss.

Hanspeter Konrad s'attend à ce que les caisses votent quand même plus souvent durant les assemblées générales. "Le contre-projet demande en fin de compte que les caisses aient à garantir les droits des actionnaires dans l'intérêt des assurés", souligne-t-il.

ats/tt



(AWP / 14.01.2013 18h11)