CH/Libre circulation: organisations économiques contre la clause de sauvegarde

Berne (awp/ats) - L'Union patronale suisse (UPS) et economiesuisse rejettent l'activation de la clause de sauvegarde avec l'UE. Cette mesure perturberait les entreprises dans leurs recrutements, ont indiqué mardi les deux organisations.

L'UPS relève que l'immigration en provenance des pays de l'Union européenne est beaucoup plus faible que dans les années de pic qui ont précédé la crise financière. Par conséquent, l'effet limitatif d'un contingentement serait limité.

En outre, la mesure ne serait valable que pour une année, puisque la libre circulation intégrale s'appliquerait à partir de 2014. Dans ces circonstances, l'Union patronale considère "disproportionné" de perturber les plans des entreprises en matière de personnel en les soumettant à de nouvelles restrictions de recrutement.

Renoncer à activer la clause de sauvegarde aura en outre des effets positifs sur l'évolution de la voie bilatérale avec l'Union européenne, estime l'organisation patronale. Elle ne remet toutefois pas en cause cet instrument, qui pourrait être incorporé dans l'élargissement de la libre circulation à la Croatie, pour prévenir une forte immigration provenant de ce nouvel Etat membre.

CONSÉQUENCES MARGINALES

L'organisation faÎtière economiesuisse estime les dommages potentiels de cette mesure "nettement supérieurs" à l'utilité attendue pour la politique intérieure. "L'application de la clause de sauvegarde ne serait actuellement pas dans l'intérêt de la Suisse".

Pour l'organisation, "un léger dépassement des seuils migratoires ne justifie pas l'application même temporaire de la clause de sauvegarde". Dans un contexte économique difficile et face à une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, les entreprises, les régions périphériques et l'agriculture auraient plus de difficultés à embaucher.

Au lieu de mettre en oeuvre des mesures temporaires à l'effet limité, il faudrait résoudre les problèmes de croissance démographique par des mesures structurelles durables. "Economiesuisse est prête à contribuer à l'élaboration de solutions".

Le Conseil fédéral doit se prononcer d'ici avril sur le sujet. Tous les partis gouvernementaux, à l'exception du PS, sont favorables à l'introduction de la clause de sauvegarde.

ats/rp



(AWP / 19.03.2013 12h00)

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