DETTE/Schäuble: il faut pouvoir recapitaliser rapidement les banques européennes

Berlin (awp/afp) - Le ministre allemand des Finances a estimé jeudi qu'il fallait pouvoir recapitaliser rapidement les banques européennes en raison de "nouvelles inquiétantes" en provenance de la zone euro et a mis en garde la Grèce à propos des prochains versements d'aide européenne.

Wolfgang Schäuble, qui défendait devant les députés allemand le renforcement décidé en juillet des moyens et des compétences du fonds de secours européen FESF, a déclaré qu'il était "très important surtout au vu des nouvelles inquiétantes en provenance de la zone euro que ce fonds soit en mesure si besoin de libérer à court terme des moyens pour recapitaliser les banques".

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde avait lancé un débat très vif en Europe en évoquant récemment un besoin urgent de renflouer les banques.

M. Schäuble a par ailleurs adopté un ton dur à propos de la Grèce, jugeant "très prématuré" de concrétiser un deuxième plan d'aide à Athènes tant que le pays n'aurait pas rempli les conditions pour toucher dans son intégralité la première aide accordée au printemps 2010.

"Le débat sur une deuxième aide à la Grèce est très prématuré au vu des difficultés actuelles autour du versement de la prochaine tranche", a dit le ministre.

M. Schäuble a mis en garde contre "de nouvelles conséquences" pour cette deuxième aide si Athènes échouait à tenir ses promesses de réforme.

La Grèce doit toucher ce mois-ci la sixième tranche de l'aide de 110 milliards d'euros accordée par l'UE et le FMI en 2010 pour surmonter sa crise de la dette.

Mais la "troïka", groupe représentant les créanciers de la Grèce, qui devait décider du versement de cette tranche, a quitté Athènes vendredi en donnant dix jours au gouvernement pour faire avancer les réformes structurelles dans le pays.

Au mois de juillet, les pays de la zone euro avaient accepté de verser un nouveau prêt de 109 milliards d'euros à la Grèce, auquel s'ajoute une participation du secteur privé, sur la base du volontariat, pour un montant de 50 milliards d'euros.

Cette deuxième aide doit être approuvée par les parlements des différents pays de la zone euro. En Allemagne, le débat s'annonce difficile alors que des ténors de la majorité de la chancelière Angela Merkel en sont à évoquer une exclusion de la Grèce de la zone euro.

L'Allemagne assure plus du quart du financement de tous les plans d'aide européens.

sm



(AWP / 08.09.2011 10h57)