Euronext sera séparé du marché de dérivés Liffe début mars (CEO)

Paris (awp/afp) - Le groupe boursier américain ICE devrait obtenir les autorisations début mars pour séparer le marché de dérivés Liffe d'Euronext, afin d'introduire en Bourse ce dernier d'ici la fin du premier semestre, a indiqué mercredi Dominique Cerutti, directeur général (CEO) d'Euronext.

ICE, qui a bouclé fin 2013 le rachat de l'opérateur boursier NYSE Euronext, entend introduire en Bourse la partie européenne continentale Euronext, qui chapeaute les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne.

Mais pour ce faire, il doit d'abord détacher Euronext du Liffe, marché dédié aux dérivés situé à Londres, les deux entités étant actuellement logées au sein d'une même entité, ce qui nécessite le feu vert des régulateurs concernés.

"Nous cherchons à obtenir les accords, ICE et nous, pour extraire le Liffe, le marché de dérivés qui sera ensuite intégré à ICE, et séparer Euronext", a dit M. Cerutti, lors d'une audition devant la commission des finances du Sénat.

"On y est presque" et cette phase "sera bouclée vraisemblablement début mars", a-t-il précisé.

Une fois ce détachement réalisé, l'introduction en Bourse d'Euronext "devrait avoir lieu d'ici la fin du premier semestre", rappelle M. Cerutti.

Il a ajouté que le prospectus de l'opération (document préalable au lancement d'une entrée en Bourse) sera déposé chez les régulateurs "dans les deux mois qui viennent".

M. Cerutti a précisé en outre qu'Euronext est une société "très rentable". Aucun chiffre de rentabilité n'a été fourni officiellement jusqu'à présent sur Euronext, dont les comptes ne sont pas publiés séparément par ICE.

Le directeur général d'Euronext ajoute qu'"Euronext, détaché de NYSE Euronext, est bien plus fort (...) que ce qu'était Euronext en 2007" au moment de sa fusion avec le New York Stock Exchange, et ce malgré un environnement toujours plus concurrentiel ces dernières années.

"Ce n'est pas un retour à la case départ", souligne-t-il.

L'introduction en Bourse sera par ailleurs l'occasion d'assurer une stabilité de l'actionnariat en constituant un noyau dur d'actionnaires, qui pourrait rassembler des banques, assureurs et entreprises des quatre pays concernés par Euronext.

Interrogé en marge de l'audition, M. Cerutti n'a pas souhaité faire de commentaires sur cette phase.

Les banques françaises avaient notamment conditionné ces derniers mois une participation au tour de table d'Euronext à un environnement fiscal plus avantageux, en critiquant la taxe européenne sur les transactions, sur le point d'être relancée.

afp/jq



(AWP / 19.02.2014 14h25)

News les plus lues