FRETS MARITIMES/Revue hebdo: les frets secs au plus haut depuis fin 2011

Londres (awp/afp) - Les prix des transports maritimes de matières premières sèches ont poursuivi leur fulgurante croissance la semaine dernière, atteignant des plus hauts depuis plus d'un an et demi, toujours portés par une augmentation des cargaisons de minerai de fer.

Indice phare du marché, le Baltic Dry Index (BDI), qui reflète l'évolution des tarifs pratiqués sur 20 routes de transport en vrac de matières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.) a fini vendredi à 1636 points, contre 1352 points une semaine auparavant.

Le BDI, qui a atteint vendredi son plus haut niveau depuis le 23 décembre 2011, a ainsi bondi de près de 50% depuis la mi-août.

Cette fulgurante augmentation a été alimentée par la hausse des tarifs sur les plus gros navires, les capesize, qui transportent principalement du minerai de fer (75%) et du charbon (20%).

Le Baltic Capesize Index (BCI) a en effet terminé la semaine à 3.446 points contre 2799 points le vendredi précédent, touchant là son plus haut niveau depuis le 21 décembre 2011.

Le BCI a bondi de 90% depuis son point bas du mois dernier (1805 points le 12 août), emportant dans sa lancée le Baltic Panamax Index (BPI), qui synthétise les tarifs pour quatre routes empruntées par des navires de la catégorie "Panamax".

Le BPI a terminé à 1.306 points vendredi, son maximum depuis le 11 mai 2012, contre 1020 points une semaine auparavant.

"Les tarifs s'envolent comme nous ne l'avions jamais vu depuis 2010!", ont remarqué les analystes du courtier maritime Fearnleys.

"Il n'y a aucun doute que ce mouvement a été propulsé par une augmentation des volumes sur le marché du minerai de fer", ont expliqué de leur côté les analystes de Macquarie, soulignant le niveau record des exportations australiennes et la reprise des exportations brésiliennes.

L'Australie et le Brésil sont les deux principaux exportateurs mondiaux de minerai de fer (75% des exportations mondiales à eux deux), la Chine étant leur principal client (plus de 60% des importations mondiales).

S'ils s'accordent sur les causes de ce rebond, les analystes sont divisés sur la question de sa pérennité.

Chez le courtier Braemar Seascope, on fait ainsi part d'un "scepticisme" quant à la durée de ce mouvement, "étant donné que les fondamentaux (du marché) n'ont pas beaucoup changé", à savoir le trop plein de navires.

"Les tarifs étaient trop bas pour être soutenables durant une bonne partie de l'année mais les niveaux actuels sont tout autant disproportionnés par rapport aux fondamentaux du marché", ont abondé les experts de Macquarie.

Ces derniers signalent que les commandes pour la construction de nouveaux navires ont rebondi cette année, "suggérant que le problème de la surabondance de l'offre pourrait se prolonger".

A l'inverse, les économistes de JPMorgan jugent que "le marché du transport de matières premières sèches devient progressivement plus tendu en termes de capacité". Ce qui, combiné à "une accélération de la demande de minerai de fer et de charbon à coke en 2014", devrait selon eux déboucher sur des tarifs de plus en plus élevés.

De leur côté, les tarifs des transports pétroliers ont poursuivi leur baisse la semaine dernière, la demande étant toujours faible.

L'indice Baltic Dirty Tanker Index (BDTI), moyenne des taux pratiqués sur dix-sept routes de transport de pétrole brut, a fini vendredi à 583 points, au plus bas depuis début juillet, contre 593 points la semaine précédente.

Le Baltic Clean Tanker Index (BCTI), moyenne des prix pratiqués sur six routes de produits pétroliers raffinés (essence, gaz liquéfié, fioul de chauffage, etc.), a terminé à 561 points, au plus bas depuis mi-août, contre 580 points sept jours auparavant.

afp/jh



(AWP / 16.09.2013 17h39)