G20/Les Européens attendus de pied ferme à Los Cabos

LOS CABOS (awp/afp) - Les Européens, à commencer par l'Allemagne, vont être mis sous pression par leurs partenaires à l'occasion du sommet du G20 lundi et mardi à Los Cabos (sud-ouest), même si le Mexique, pays hôte, tient à élargir l'ordre du jour.

"Toutes les parties sont convaincues que l'Europe est capable de résoudre sa crise des dettes souveraines", a assuré mercredi Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Mais derrière ces propos rassurants, les dirigeants américains ou chinois sont inquiets des conséquences de l'interminable crise de la dette en Europe sur la croissance mondiale, dont le ralentissement se confirme.

La Chine a été contrainte d'abaisser son taux d'intérêt directeur, pour la première fois depuis 2008, afin de stimuler l'activité. Au Brésil, la croissance a fortement décéléré au premier trimestre de cette année. En Inde, après une décennie de croissance proche des 9%, les analystes s'inquiètent de voir le pays revenir à des taux de 5% à 6%, nettement insuffisants pour lutter contre la pauvreté qui affecte des millions de foyers.

Quant aux Etats-Unis, qui semblaient jusqu'à présent connaÎtre une embellie, ils montrent eux aussi des signes de faiblesse, au grand dam du président Barack Obama, en campagne pour sa réélection.

Du coup, les yeux se tournent vers les Européens, accusés d'entretenir le marasme en laissant s'aggraver une crise démarrée en décembre 2009 à Athènes avant de gagner Dublin et Lisbonne. Dernière victime de ce domino infernal, l'Espagne, où le gouvernement a accepté à contre-coeur une aide pouvant atteindre 100 milliards d'euros pour ses banques, qui n'a pourtant guère impressionné les marchés.

Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy s'est d'ailleurs entretenu mercredi par téléphone avec le président français François Hollande puis avec le président Obama au sujet de la crise en Europe.

La zone euro a "trois mois" pour enfin convaincre, a averti cette semaine la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

Les dirigeants européens auront de ce point de vue une première occasion à Los Cabos, cité balnéaire à l'extrême sud de la Basse-Californie au Mexique, avant un sommet européen à la fin du mois, à nouveau très attendu.

Les propos de la chancelière allemande, vers qui convergent nombre d'attentes, seront particulièrement scrutés. Américains, pays émergents mais aussi européens, encouragent Berlin à lâcher du lest pour relancer une croissance en panne. Angela Merkel s'y refuse, privilégiant des réformes de long terme sans toucher à la rigueur budgétaire.

Les résultats de l'Allemagne "ont montré qu'il s'agissait du bon chemin", a-t-elle assuré cette semaine. Les réformes "ont besoin de temps" pour agir sur la croissance, a-t-elle martelé.

La France, et d'autres pays européens comme l'Italie, sont favorables à des initiatives rapides. Le débat sur la croissance aura lieu en Europe, il n'est pas question de chercher des partenaires au G20 pour peser sur le débat européen, assure-t-on néanmoins à Paris.

Le Mexique espère d'ailleurs éviter que la crise européenne monopolise l'ordre du jour du sommet.

"Notre objectif est de ne pas circonscrire, ne pas réduire l'ordre du jour du G20 au thème européen. Nous allons l'aborder, mais notre objectif est de l'élargir beaucoup plus", a déclaré mardi le président mexicain Felipe Calderon. L'augmentation des ressources du FMI, déjà prévue, sera l'un des sujets abordés à Los Cabos, a-t-il ainsi assuré.

Les pays riches et émergents du G20 se sont engagés fin avril à Washington à augmenter les ressources financières du Fonds de plus de 430 milliards de dollars.

L'agenda de Los Cabos risque toutefois d'être bouleversé par la Grèce, tout comme lors du dernier sommet du G20 en novembre à Cannes, dans le sud-est de la France. Les Grecs votent dimanche pour des élections législatives aux allures de référendum sur leur appartenance ou non à la zone euro.

"Si les élections grecques se passent mal, il faudra réagir", mais "ce ne sera ni blanc ni noir", avertit déjà un haut responsable européen.

mm



(AWP / 14.06.2012 07h15)