G20/Merkel: il ne faut pas surestimer les forces de l'Allemagne

Berlin (awp/afp) - La chancelière Angela Merkel a mis en garde jeudi le G20 contre la tentation de faire reposer la résolution de la crise mondiale sur les seules épaules de l'Allemagne, dont il ne faut pas "surestimer les forces", selon elle.

"Les forces de l'Allemagne ne sont pas illimitées", a-t-elle déclaré dans un discours au Bundestag, chambre basse du parlement, consacré au prochain sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique. Elle s'est dite consciente du fait que, "une fois de plus, tous les yeux seront rivés sur l'Allemagne" lors de cette réunion, dont la crise de la dette sera "le thème central".

Elle a cependant cherché à rassurer sur l'engagement européen de l'Allemagne et sa volonté de contribuer aux efforts pour relancer la croissance.

A tous ceux qui réclament plus d'engagement de l'Allemagne, la création d'euro-obligations, une garantie commune de l'épargne en Europe, "à tous ceux-là je leur dis: oui, l'Allemagne est forte, elle est le moteur de l'économie et le pôle de stabilité en Europe", et elle veut mettre cette force et cette stabilité "au service de l'Europe", a-t-elle affirmé.

Mais, dans ce contexte, "tous les paquets (d'aide) seront vains si on surestime les forces de l'Allemagne", a-t-elle mis en garde.

Elle a en outre prévenu que son pays ne se satisferait pas de "solutions de facilité", de "la médiocrité" dans les recettes mises en oeuvre pour contrer la crise, et réaffirmé son intention de lutter pour une union politique, seule à même de placer la croissance sur "une base solide et honnête".

Arriver à une Europe unie est "une tâche historique", a-t-elle jugé, répétant que la zone euro ne sortirait pas de la crise avec moins d'Europe.

Mais l'Europe n'est pas la seule à devoir fournir des efforts, a ajouté la chancelière, renvoyant les autres membres du G20 à leur responsabilité. "Tout le monde doit arrêter de financer la croissance avec de nouvelles dettes", a-t-elle dit, particulièrement en direction des Etats-Unis, dont l'Allemagne est souvent prompte à pointer du doigt les déficits.

"La zone euro ne peut pas porter seule la responsabilité de la croissance. Tous les partenaires doivent faire des efforts", a-t-elle martelé.

jq



(AWP / 14.06.2012 10h28)