Grandes manifestations en Grèce avant le vote du plan d'austérité


Environ 100'000 personnes ont participé dimanche à des manifestations en Grèce, alors que les députés devaient voter dans la nuit un projet de loi sur les mesures d'austérité exigées par l'UE et le FMI. Des bâtiments ont été saccagés ou brûlés à Athènes.

Dans le centre ville de la capitale grecque, transformé en champ d'affrontements, les manifestants ont jeté des cocktails Molotov et des pierres contre les forces anti-émeutes. La situation est restée "hors de contrôle" pendant plus de deux heures, selon une source policière. A Salonique, des heurts ont également éclaté entre les manifestants et les policiers qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes.

Discussions vives

A l'intérieur du parlement, dont les abords étaient gardés par 3000 policiers, les discussions battaient leur plein, marquées par de fréquents incidents de séance entre les rangs gouvernementaux et l'opposition de gauche. "Il y a du gaz lacrymogène jusqu'à l'intérieur de l'assemblée", a déclaré un député.

Le parlement doit adopter le nouveau programme de redressement, sous peine, sinon, d'une "faillite" de la Grèce, a lancé, visiblement tendu, le ministre des Finances, Evangelos Venizelos. Il a souligné que l'Eurogroupe, qui pourrait se réunir mercredi, réclamait cet aval en préalable au déblocage du deuxième plan de sauvetage du pays.

Survie en jeu

Ce plan combine un renflouement via des prêts publics de 130 milliards d'euros et un désendettement via l'effacement de 100 milliards d'euros de créances. La Grèce doit toucher cette somme avant le 20 mars pour pouvoir rembourser un emprunt d'Etat de 14,5 milliards d'euros.

Les députés devaient se prononcer sur un texte qui prévoit notamment un abaissement de 22% du salaire minimum, ramené à 586 euros brut sur 14 mois, la suppression dans l'année de 15'000 emplois publics et de nouvelles coupes dans certaines retraites.

Le vote portera aussi sur les modalités du programme d'échange d'obligations avec les créanciers privés pour réduire la dette souveraine à 120% du PIB d'ici à 2020, ainsi que sur le schéma de recapitalisation des banques grecques.



(ats / 12.02.2012 21h24)