Grèce: l'étau se resserre autour d'Athènes soumise à l'oeil des créanciers

Athènes (awp/afp) - Les créanciers de la Grèce, UE-BCE-FMI, se sont entretenus vendredi à Athènes avec le Premier ministre grec Antonis Samaras. Ils ont exigé de nouvelles mesures de rigueur sur fond d'accalmie, après le soutien apporté la veille par la Banque centrale européenne.

M. Samaras s'est penché vendredi en fin de matinée avec les experts de la troïka sur le dossier délicat de nouvelles économies de 11,5 milliards d'euros (13,2 milliards de francs) pour 2013 et 2014.

Cette démarche intervient au lendemain de la visite du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a réclamé "des résultats" aux Grecs pour pouvoir rester dans la zone euro, tout en assurant que la Grèce "appartient" à la famille européenne.

BONNE VOLONTÉ GRECQUE

Le même jour, le ministre des Finances Yannis Stournaras avait présenté des mesures d'économie entraÎnant de nouvelles coupes dans les retraites, les aides sociales et les dépenses médicales aux experts de la troïka, Poul Thomsen (FMI), Klaus Masuch (BCE), et Matthias Mors (UE).

Faisant preuve de bonne volonté et pour rassurer ses créanciers, le gouvernement grec s'est dit prêt à adopter ces nouvelles mesures visant à réduire le déficit public via la baisse des dépenses publiques et l'accélération des réformes structurelles.

L'objectif du pays est de s'assurer du versement de la prochaine tranche du prêt de 31,5 milliards d'euros vitale pour la Grèce, qui risque toujours de faire faillite sur fond de menaces récurrentes de la sortie du pays de la zone euro.

"LA SOCIÉTÉ NE SUPPORTE PLUS DE SAIGNER"

Mais le coût social reste important, insistent les dirigeants des socialistes Pasok et de la Gauche démocratique, respectivement Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvelis, qui participent au gouvernement grec de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Ceux-ci sont sommés d'avaler le nouveau paquet d'austérité sous la menace plus guère voilée de voir la Grèce sortie de la zone euro assez rapidement, alors qu'ils ont été élus sur la promesse d'une renégociation du traité avec la zone euro et le FMI.

"J'ai peur que certains ne pensent que la Grèce doit être sacrifiée comme Iphigénie (héroïne de la mythologie grecque) pour qu'un vent favorable souffle de nouveau dans les voiles de la zone euro", a déclaré jeudi M. Vénizélos, qui devait également rencontrer les dirigeants de la troïka.

Ancien ministre des Finances dans le précédent gouvernement de coalition droite-socialiste, M. Vénizélos a réaffirmé qu'un "nouveau délai d'au moins deux ans" était nécessaire pour l'ajustement budgétaire du pays.

Pour sa part, Fotis Kouvélis a souligné que "la situation économique est extrêmement difficile et que la société ne supporte plus de saigner".

ats/sm



(AWP / 27.07.2012 16h10)