Grèce: la zone euro débloque l'aide à Athènes, satisfaction générale en Europe

Bruxelles (awp/afp) - Après l'échec de plusieurs réunions, la zone euro s'est enfin mise d'accord jeudi pour débloquer l'aide financière à la Grèce gelée depuis des mois, et versera au pays 34,3 milliards d'euros dès la semaine prochaine, lui évitant ainsi de sombrer dans la faillite.

"La Grèce s'est relevée. Les sacrifices du peuple grec n'ont pas été vains. Aujourd'hui est un jour nouveau pour la Grèce, il s'agit même d'un jour nouveau pour l'Europe", a réagi le Premier ministre Antonis Samaras à Bruxelles.

"La solidarité est à l'oeuvre dans l'Union. Les inquiétudes sur une sortie de la Grèce de la zone euro n'ont pas lieu d'être", a-t-il ajouté, en utilisant le terme "Grexit", contraction de "Greece" et "exit" qui signifie sortie en anglais.

Au terme d'une réunion exceptionnellement brève, "l'Eurogroupe a formellement approuvé le déblocage" de l'aide financière pour la Grèce après (...) avoir évalué les résultats de l'opération de rachat de dette menée par Athènes".

Cet appel d'offres a été lancé il y a un peu plus d'une semaine auprès des banques et fonds détenteurs d'obligations grecques, dans l'objectif de réduire d'au moins 20 milliards la dette abyssale du pays.

"La zone euro salue le résultat de cette opération, qui permettra de nettement réduire la dette publique grecque. En prenant en compte les mesures annoncées le 27 novembre et l'application du programme d'ajustement budgétaire, la dette grecque devrait être ramenée à 124% du PIB en 2020", indique un communiqué.

Les ministres des Finances de la zone euro n'ont pas exclu de "prendre des mesures supplémentaires, si nécessaire, pour atteindre avec certitude cet objectif" qui avait été décidé fin novembre, en concertation avec le Fonds monétaire international (FMI), un des créanciers publics de la Grèce.

Au final, la zone euro va débloquer 49,1 milliards d'euros en faveur de la Grèce d'ici fin mars, dont 34,3 milliards qui seront versés "dès la semaine prochaine", a indiqué le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

"Les décisions prises aujourd'hui marquent la fin de longs mois d'incertitude pour la Grèce", a souligné Olli Rehn, le commissaire européen en charge des Affaires économiques lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Beaucoup d'observateurs estimaient que la partie était perdue pour la Grèce (et son maintien) dans la zone euro. A l'approche de la fin de l'année, on sait que ces Cassandre ont eu tort", a-t-il ajouté.

"C'est une étape très importante, qui montre que le programme pour la Grèce est un programme crédible, que son financement est crédible", a renchéri le ministre français des Finances, Pierre Moscovici.

De son côté, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde a recommandé le versement de l'aide promise par son institution, dans la foulée des décisions prises par la zone euro.

Athènes s'est par conséquent montrée confiante dans le déblocage par le FMI de sa propre tranche de prêts, de 3,4 milliards, ce qui porterait au total à 52,5 milliards les fonds versés au pays d'ici le printemps, a relevé M. Samaras.

Sur les premiers fonds versés, 11,2 milliards d'euros vont être consacrés au rachat de dette que la Grèce doit boucler d'ici le 18 décembre, a-t-il précisé, soulignant que cela allait permettre "d'effacer 20 milliards de dette", comme convenu avec UE et FMI, copilotes de l'opération.

Le pays consacrera le reste de sa perfusion à recapitaliser ses banques, avec deux injections, de 16 milliards en décembre et de 7 milliards entre janvier et mars, et à s'acquitter de ses dépenses courantes et arriérés auprès de ses fournisseurs, avec le déblocage de 7 milliards en décembre puis 11 entre janvier et mars, a pour sa part détaillé le ministre des Finances, Yannis Stournaras.

ds



(AWP / 13.12.2012 18h40)