Grèce: le rejet des engagements envers UE et FMI serait "désastreux" (Papademos)

Athènes (awp/afp) - Le rejet des engagements de la Grèce vis-à-vis de ses créanciers, UE et FMI, serait "désastreux", a indiqué le Premier ministre sortant Lucas Papademos dans une lettre publiée jeudi sur son site avant que son successeur par intérim Panayiotis Pikrammenos assume ses fonctions.

"Tout changement" du plan de redressement de l'économie dicté au pays par ses créanciers "doit être fait dans un esprit de consensus et avec l'accord de nos partenaires européens", a dit M. Papademos.

"Le rejet unilatéral des obligations contractuelles serait désastreux pour la Grèce et conduirait inévitablement le pays hors de la zone euro et probablement hors de l'Union européenne (UE)", a-t-il souligné.

Le vote de sanction contre l'austérité lors du scrutin du 6 mai n'ayant permis à aucun parti d'obtenir la majorité, le pays va retourner aux urnes le 17 juin, alimentant les craintes qu'il ne respecte pas ses engagements, une perspective qui a fait resurgir la menace d'une sortie de l'euro.

Les dirigeants européens ont averti ces derniers jours que le pays ne bénéficiera pas des versements du deuxième prêt, conclu à Bruxelles en mars de 130 milliards d'euros, s'il ne respectait pas ses engagements.

"Les décisions que nous allons prendre dans la conjoncture actuelle vont marquer les décennies à venir et pourront conduire à la marginalisation du pays et l'annulation des succès des 38 dernières années", a dit M. Papademos, faisant allusion à la période vécue par le pays depuis le rétablissement de la démocratie en 1974, marquée par son intégration à l'UE et la zone euro.

Désigné pour assurer la transition jusqu'aux élections, M. Pikrammenos a nommé jeudi un cabinet de seize ministres, chargé de gérer les affaires courantes.

Présidant son premier conseil des ministres, il a ensuite appelé son équipe à être "exemplaire" en évitant de "provoquer" le "peuple grec éprouvé" par son train de vie, et à se garder de toute déclaration inopportune.

Tous comme les 300 députés élus le 6 mai, et qui doivent siéger deux jours au total avant la dissolution prévue du parlement vendredi, les membres du nouveau gouvernement ne seront pas payés pour leur mandat, a-t-il précisé.

rp



(AWP / 17.05.2012 16h00)

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