Holcim/Environnement/Eclépens (VD): une association pour sauver le Mormont

Lausanne (awp/ats) - Créée en juin, l'Association pour la sauvegarde du Mormont (ASM) s'oppose au projet d'extension planifié par la société Holcim sur le sommet du Mormont. Elle mettra tout en oeuvre pour empêcher la disparition de cette colline située sur un site protégé par l'Inventaire fédéral des paysages (IFP).

Entre Eclépens et la Sarraz (VD), la colline du Mormont est un lieu de passage et de rencontre où nature et histoire font bon ménage, avec la présence du canal d'Entreroches et d'un sanctuaire celtique. Sa flore et sa faune sont exceptionnelles. Malgré cela, elle est gravement menacée de disparition totale pour des raisons économiques, déplore l'ASM mercredi dans un communiqué.

Lors d'une séance d'information publique organisée en juin à Eclépens par le canton et la société Holcim pour expliquer le projet d'extension de la carrière, deux projets d'agrandissement ont été mentionnés. Le premier est déjà au bénéfice d'un permis d'exploitation valable jusqu'en 2021, le second souhaite son extension jusqu'en 2035.

Holcim a en outre proposé l'étude d'une troisième extension visant à exploiter le sommet du Mormont, un périmètre protégé au niveau cantonal, ainsi que par l'IFP et jusque là toujours épargné. Ce projet est celui de trop, a expliqué Alain Chanson, président de l'ASM.

Des citoyens de la région se sont dressés contre cette fatalité et ont créé l'ASM, dont font notamment partie six conseillers communaux du village. L'association s'est officiellement opposée à ce projet lors la mise en consultation du plan directeur des carrières 2013.

Dès 2030, Holcim souhaiterait en effet combler le Mormont avec des déchets de chantier inertes dont le canton ne sait quoi faire, puis le recouvrir d'une couverture végétale d'ici 2100. L'ASM refuse la destruction d'une zone exceptionnelle sur le plan environnemental, patrimonial, mais aussi archéologique, notamment avec le site celte découvert en 2006, a poursuivi le président de l'ASM.

Depuis 1953, année de la construction de la cimenterie, la population locale a toléré cette activité industrielle qui a permis un développement économique important, mais a eu pour conséquence une destruction massive du Mormont. Aujourd'hui, l'équilibre fragile entre ces deux pôles n'est plus respecté, avec un rythme démesuré d'extraction de la roche, déplore M. Chanson.

L'association se dit ouverte au dialogue et proactive dans la recherche de solutions durables, même si elle est résolue à faire cesser l'activité d'extraction de roches du Mormont. Elle a ouvert un site internet en vue d'informer, de recruter des sympathisants et de collecter des fonds.

ats/rp www.sauvonslemormont.ch



(AWP / 23.10.2013 16h32)