La BNS clôt le dossier du sauvetage d'UBS par un solide bénéfice (synthèse)

Zurich (awp) - La Banque nationale suisse (BNS) a clos vendredi le dossier du sauvetage de la banque UBS, cinq ans après l'éclatement de la crise des "subprime" et de la quasi faillite de l'établissement. Le groupe a racheté le fonds de stabilisation, accueillant les actifs toxiques, à l'institut d'émission qui a empoché au passage 3,8 mrd USD.

"Le 16 octobre 2008 une annonce a secoué la Suisse", a rappelé le président de la BNS, Thomas Jordan, lors d'une conférence de presse. La Confédération venait de boucler un plan de sauvetage sans précédent pour la stabilisation du secteur financier suisse et pour le sauvetage d'UBS.

Selon M. Jordan, "l'envergure financière du plan était sans comparaison en Suisse" et prévoyait à l'époque le transfert d'au maximum 60 mrd USD dans la structure de défaisance. Cette annonce a eu l'effet d'"un choc", l'incertitude étant forte, a souligné le patron de la banque centrale.

Ce dernier a qualifié le Stabfund d'"investissement financier à haut risque et au potentiel de perte élevé". "Cinq ans plus tard et plus tôt que prévu, l'opération a été bouclée avec succès", a-t-il estimé.

La Confédération avait de son côté consolidé la dotation en fonds propres d'UBS en souscrivant un emprunt à conversion obligatoire de 6 mrd CHF. Les actifs et les engagements conditionnels repris par BNS StabFund étaient financés au moyen d'un prêt de 25,8 mrd USD, octroyé par la banque centrale suisse. UBS avait fourni une contribution de 3,9 mrd USD pour absorber les premiers 10% d'une perte éventuelle sur le fonds de stabilisation entièrement détenu par la BNS.

De fait, le Stabfund a liquidé pendant cinq ans les actifs toxiques, parfois avec des gains, jusqu'à ce que ce dernier ne détienne plus que 6,5 mrd USD de liquidité et autant de fonds propres. Au final, la BNS a reçu 3,762 mrd USD du rachat du fonds par UBS et cette dernière 2,762 mrd USD. Ce montant n'a que partiellement compensé les coûts de 4 mrd USD qu'a dû porter le groupe.

Le Stabfund a bouclé avec un an d'avance sur les prévisions les plus optimistes le remboursement du prêt consenti par la BNS pour racheter 38,7 mrd USD actifs toxiques à UBS. Cette dernière avait en contrepartie reçu 25,8 mrd USD de liquidités, permettant de stabiliser sa situation.

Les actifs toxiques étaient composés à près de 65% de titres, 23% de dérivés et 13% de crédits, notamment dans l'immobilier résidentiel (45%) et commercial (27%), le reste étant adossé à des prêts étudiants et des cartes de crédits, a précisé la BNS.

Après une chute spectaculaire du marché pour ces produits, ce dernier s'est ressaisi à partir de mars 2009, permettant au Stabfund de céder ces produits financiers. Les spécialistes du fonds sont même allés jusqu'à reprendre un hôtel en Floride, le rénover et le revendre quelques années plus tard avec une perte limitée.

Le montant versé à l'institut d'émission influera "positivement" sur le résultat de ce dernier pour l'exercice 2013. "A la suite du rachat, la Banque nationale cesse d'être un groupe. Dès fin 2013, elle ne présentera plus de comptes consolidés", a-t-elle précisé dans un communiqué.

EXCEPTION ABSOLUE

Les remboursements (13,4 mrd USD), les paiements d'intérêts (3,9 mrd USD) et les ventes (15,8 mrd USD) ont généré l'essentiel des rentrées de fonds, permettant de rembourser progressivement le prêt de la BNS au fonds de stabilisation. La dernière tranche de remboursement a été versée mi-août.

Pour l'institut d'émission, "la BNS a mené à terme une entreprise exceptionnelle et riche en défis", avec la vente du fonds de stabilisation à UBS.

Bien qu'elle ait empoché un profit, "réaliser un bénéfice n'a toutefois jamais constitué un but en soi, la création du fonds de stabilisation ayant toujours eu pour objectif ultime de contribuer à renforcer le système financier suisse", a insisté la banque centrale helvétique.

M. Jordan a insisté qu'à l'avenir des aides similaires aux banques restaient "une exception absolue". La nouvelle réglementation sur les établissements d'importance systémique ("Too big to fail", TBTF), qui prévoit notamment des fonds propres plus importants, doit éviter que le scénario de la crise des subprime ne se répète.

al/dg



(AWP / 08.11.2013 13h58)

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