Le pape François veut une Eglise sociale, dialoguante et purifiée


Le pape François a entamé mardi une série de consultations collégiales censées déboucher sur une réforme de la Curie romaine. Il a dénoncé "les courtisans" au Vatican et dit souhaiter une Eglise socialement engagée, dialoguant avec les non croyants et débarrassée de la corruption, notamment dans sa banque.

Elu en mars, le pape d'origine argentine, apôtre d'"une Eglise pauvre pour les pauvres", s'est engagé à tout faire en son pouvoir pour changer les mentalités d'une administration vaticane qu'il considère trop repliée sur elle-même.

C'est dans sa bibliothèque privée que Jorge Mario Bergoglio a ouvert sa réunion de trois jours avec les huit cardinaux venus du monde entier pour réformer la Curie et définir des pistes pour changer le visage de l'Eglise en général. Des conseillers, qui, a-t-il insisté, "ne sont pas des courtisans, mais des sages".

Le groupe a, à sa tête, le cardinal hondurien Oscar Maradiaga, créé cardinal par le pape François le 13 avril. Signe que la collégialité est désormais à l'ordre du jour, les huit prélats devaient examiner 80 documents synthétisant de multiples propositions. D'autres réunions doivent suivre.

"C'est le début d'une Eglise conçue comme une organisation non seulement verticale, mais aussi horizontale", a expliqué le pape argentin dans une longue interview publiée le matin même dans "La Repubblica".

Liberté de ton

La publication de l'interview de trois pages dans le quotidien de gauche, quelques heures avant l'ouverture de ce "G8" à huis clos pour revivifier l'Eglise catholique, est en soi une petite révolution.

Pour ce faire, François a reçu la semaine dernière à la résidence Sainte-Marthe le fondateur athée du journal, Eugenio Scalfari, avec qui il avait déjà dialogué par tribunes interposées dans "La Repubblica", en septembre.

Dans cet entretien, le pape argentin et le journaliste évoquent foi et incroyance, valeurs éthiques, marxisme, cléricalisme et esprit de cour dans l'Eglise, avec une étonnante liberté de ton.



(ats / 01.10.2013 17h23)