Le procès d'un terrible accident d'hélicoptère s'ouvre à Tarascon

TARASCON (Sipa) — Cinq ans après le terrible accident survenu devant le restaurant arlésien "Chez Bob", où trois personnes avaient été tuées par les pales d'un hélicoptère, le procès du responsable présumé s'ouvre mardi devant le tribunal correctionnel de Tarascon (Bouches-du-Rhône).

Le dimanche 7 janvier 2007, un chef d'entreprise lyonnais, installé aux Saintes-Maries-de-la-Mer, était venu déjeuner dans cet établissement gastronomique très prisé de Camargue, fréquenté par la "jet-set" et équipé d'une zone d'atterrissage.

Il était accompagné de quelques amis et venait de s'offrir son rêve d'enfant, un hélicoptère, de type Alouette II. Il avait obtenu l'autorisation de voler depuis peu.

Mais en repartant, après le repas, peu avant 16h, des clients curieux se pressent autour de l'appareil. Après avoir décollé, l'hélicoptère se rabat soudainement sur la zone d'atterrissage, fauchant mortellement avec son rotor trois personnes et en blessant grièvement une quatrième qui aura la jambe coupée.

Parmi les victimes, un jeune couple est tué. Leur petite fille de deux ans assiste à la scène. "Mon papa n'a plus de tête", hurle-t-elle sur les lieux de l'accident. Une cellule psychologique sera mise en place pour s'occuper plus particulièrement de l'enfant. Les victimes seront acheminées vers le centre hospitalier d'Arles et vers l'hôpital Nord de Marseille. Les quatre occupants de l'hélicoptère sont en revanche indemnes, mais rudement choqués.

Le sous-préfet d'Arles Jacques Simonnet aura la lourde charge d'organiser les secours, tout en préservant les preuves. Dès après les faits, il fustigera "l'insouciance et l'irresponsabilité qui ont entouré l'accident". "On ne peut pas accepter des morts aussi stupides", insistera le représentant de l'Etat.

Dès le soir du drame, on apprenait que le pilote de l'hélicoptère n'avait pas consommé d'alcool. Successivement désignés, cinq experts judiciaires en aéronautique, aux conclusions divergentes, voire contradictoires, tenteront de déterminer une éventuelle faute humaine ou mécanique.

L'apprenti pilote comparaît pour "homicides et blessures involontaires" au terme d'une instruction de plus de cinq années. Le prévenu encourt une peine de cinq ans d'emprisonnement et une amende de 75.000 euros. Le procès doit s'achever mercredi soir.

xnis/ljg/sb


(Sipa / 02.10.2012 09h30)


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