Législatives grecques: Nouvelle Démocratie et le PASOK en position de former un gouvernement

ATHENES (AP) — En dépit du nouveau bon score de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) aux élections législatives de dimanche en Grèce, les projections des instituts de sondage laissent entrevoir la possibilité d'une alliance entre les conservateurs de Nouvelle démocratie et les socialistes du PASOK.

Ces projections accordent 29,5% des voix à ND, soit au moins 128 sièges sur les 300 que compte l'Assemblée, tandis que Syriza, avec 27,1% des suffrages, devrait en occuper 72. Avec les 33 sièges qui lui sont prédits, le PASOK pourra compléter une éventuelle majorité parlementaire avec ND.

Les pourparlers pour la formation d'une nouvelle coalition devraient commencer dès lundi.

Dès dimanche soir, Antonis Samaras, le leader de ND, a proposé la formation d'un gouvernement de coalition pro-européen. "Le peuple grec, aujourd'hui, a voté pour que la Grèce reste sur le chemin de l'Europe et dans la zone euro", s'est-il félicité. Les électeurs ont choisi une politique "qui apportera des emplois, la croissance, la justice et la sécurité", a-t-il ajouté.

Avec 16 sièges, la Gauche démocratique, un parti pro-européen qui avait quitté Syriza en 2010, pourrait peut-être participer aussi à une telle coalition. Alors qu'il avait recueilli 6,1% des voix en mai dernier, son leader, Fotis Kouvelis, avait indiqué qu'il ne participerait pas à une coalition sans Syriza, même après s'être vu offert le poste de Premier ministre. Il a cependant confié depuis qu'il ferait tout pour aider à bâtir un tel gouvernement.

Les autres projections accorderaient par ailleurs 21 sièges aux Grecs indépendants (ANEL, droite nationaliste), 19 à Aube dorée (XA, extrême droite) et 13 au Parti communiste (KKE).

Par ailleurs, dix hommes armés de masses et de battes en bois ont attaqué un bureau de vote athénien, blessant deux policiers qui le gardaient et mettant le feu à une urne. Aucun électeur n'a toutefois été blessé lors de cet incident qui s'est produit une demi-heure avant la fermeture des bureaux de vote dans le quartier d'Exarhia.

Près de dix millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour la seconde fois en six semaines, à l'occasion d'un scrutin considéré comme le plus important depuis 40 ans. L'issue de cette bataille des législatives devrait déterminer l'avenir de ce pays en quasi-faillite au sein de l'Union européenne et la zone euro.

Le scrutin du 6 mai dernier avait été marqué par l'effondrement des grands partis, sanctionnés pour avoir accepté la douloureuse austérité imposée au pays pour éviter la faillite. Affaiblis par la percée des extrêmes, aucun n'a obtenu de majorité suffisante pour former un gouvernement, provoquant la tenue de nouvelles élections.

Depuis mai 2010, la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) ont accordé deux plans de sauvetage successifs au pays, mais la poursuite des versements reste soumise à la mise en oeuvre rapide de réformes et coupes budgétaires. Accablés par des mois de rigueur, les Grecs se sont davantage tournés vers l'extrême droite (Aube dorée) et l'extrême gauche (Syriza), délaissant les grands partis comme Nouvelle démocratie et le PASOK, qui sont tombés à leur plus bas niveau depuis 1974 à la fin de la dictature des colonels.

S'il défend la cure d'austérité, le dirigeant conservateur Antonis Samaras a prévenu que toute nouvelle coalition devrait renégocier les conditions du plan de sauvetage du pays, ce qui ne manque pas d'inquiéter ses créanciers internationaux. Il aimerait que le plan de rigueur soit étalé jusqu'en 2016, et non 2014. Son rival socialiste Evangelos Venizelos parle même de 2017.

Syriza d'Alexis Tsipras -qui avait réalisé 16,8% en mai- est vent debout contre les plans de sauvetage, mais n'entend pas quitter la zone euro. L'homme en a alarmé plus d'un en Europe avec son discours promettant notamment de nationaliser les banques, d'annuler un plan de réduction de 150.000 postes dans la Fonction publique et de revaloriser nettement pensions et salaires.

En échange des prêts nécessaires pour éviter un défaut de paiement, Athènes a dû engager des mesures d'austérité extrêmement dures qui ont laminé l'économie du pays. La Grèce est entrée dans sa cinquième année de récession et vu flamber le chômage qui frappe aujourd'hui 21,8% de sa population active. AP

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(AP / 17.06.2012 22h07)