Les banques doivent se préparer à de lourdes pertes sur la Grèce


Les banques créancières de la Grèce doivent se préparer à des pertes beaucoup plus importantes que prévu, d'au moins 50%, pour espérer sauver le pays de la faillite. La Grèce a cependant obtenu vendredi la promesse d'un prêt international crucial.

Réunis à Bruxelles pour préparer le premier sommet européen de dimanche, les ministres des Finances des 17 pays de l'Union monétaire ont d'abord donné leur accord pour débloquer la sixième tranche du prêt pour la Grèce - 8 milliards d'euros - tiré du premier plan de sauvetage au pays décidé au printemps 2010. Ce plan s'élève à 110 milliards d'euros au total.

L'enveloppe est co-financée par les Européens, à hauteur de 5,8 milliards d'euros, et le Fonds monétaire international (FMI) qui doit encore donner son aval. Il ne s'agit toutefois que d'une avancée minime compte tenu de l'ampleur des difficultés de la Grèce.

Les pays de la zone euro planchent en parallèle sur un chantier beaucoup plus vaste: une participation nettement plus importante que prévu des banques dans le cadre du second plan d'aide à la Grèce, décidé dans son principe en juillet et portant sur des prêts publics de 109 milliards d'euros.

Selon un rapport de la troïka des créanciers de la Grèce (UE, FMI et BCE) remis aux ministres, dont l'AFP a obtenu copie, il faudra que les banques acceptent une dépréciation (décote) de 60% de leur créances si l'on veut que le montant de 109 milliards d'euros reste inchangé. Avec une décote à 50%, le FMI et les Européens et le FMI devront augmenter leurs financements à 114 milliards d'euros, selon les calculs du rapport.

Et selon une source diplomatique, les ministres des Finances ont de facto entériné les conclusions. "Au moins 50% sont nécessaires" pour la décote, a-t-elle souligné. C'est sur cette base que se tiennent désormais les négociations avec les représentants du secteur bancaire, censées aboutir au plus tard lors d'un sommet décisif de la zone euro le 26 octobre.

Reste à savoir si les banques accepteront volontairement de subir ces nouvelles pertes de grande ampleur. En juillet, leur "effort" avait été fixé à seulement 21%.

En échange, les ministres des Finances vont plancher samedi sur un plan de recapitalisation du secteur pour lui permettre d'amortir le choc. L'Europe évalue les besoins à entre 80 et 100 milliards d'euros, un chiffre moins important toutefois que celui avancé par le FMI qui est le double.



(ats / 22.10.2011 01h50)