Nouvelle crise: démission des ministres du parti de Berlusconi


Les cinq ministres du parti du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi ont démissionné à sa demande du gouvernement que dirige Enrico Letta. L'annonce a été faite samedi soir par le vice-président du Conseil et dirigeant de PDL Angelino Alfano.

Silvio Berlusconi avait indiqué samedi après-midi avoir demandé aux ministres PDL d'envisager une démission immédiate. Il juge qu'Enrico Letta a enfreint le "pacte de coalition" unissant le Parti démocrate (centre gauche, dont Letta est issu) et Peuple de la liberté.

Le Cavaliere lui reproche notamment d'avoir réclamé un vote de confiance au Parlement, qu'il qualifie d'ultimatum "inadmissible et inacceptable". Il le critique aussi pour avoir gelé dans l'intervalle toutes les décisions du gouvernement.

Cette nouvelle crise survient cinq mois à peine après la naissance au forceps d'un gouvernement de large entente. Elle est le produit de la possible éviction de Berlusconi du Sénat à la suite de sa condamnation définitive le 1er août à quatre ans de prison pour fraude fiscale dans une affaire impliquant son empire médiatique Mediaset.

Une commission sénatoriale doit se réunir le 4 octobre pour se prononcer sur une éventuelle déchéance du "Cavaliere".

Hausse de la TVA

Vendredi, Enrico Letta, rentré précipitamment de New York pour affronter la crise politique, avait convoqué un conseil des ministres pour tenter d'obtenir des ministres PDL qu'ils entérinent des mesures budgétaires. Parmi elles figure relèvement du taux de TVA de 21 à 22%.

Cette hausse de la TVA, décidée par le gouvernement précédent, devait entrer en vigueur le 1er octobre. Toutefois, les ministres membres du PDL ont maintenu leur opposition. Leur parti a mené campagne contre le relèvement de la TVA.

Vote de confiance

A l'issue du conseil des ministres, Enrico Letta a annoncé que toute décision sur les mesures budgétaires était suspendue en l'attente du vote de confiance.

Avec la chute du cabinet Letta, le président Giorgio Napolitano devrait choisir entre des élections législatives anticipées ou la recherche d'une autre coalition.



(ats / 28.09.2013 19h53)