Novartis/Inde: des ONG contre le groupe, qui veut un brevet pour le Glivec

Zurich (awp/afp) - Plusieurs ONG ont protesté jeudi lors de l'assemblée générale de Novartis contre la volonté du groupe pharmaceutique suisse d'obtenir en Inde un brevet pour son médicament anti-cancer Glivec, qui menacerait l'accès aux génériques dans les pays pauvres.

La Déclaration de Berne, Act Up et Oxfam ont demandé à la direction de Novartis et aux actionnaires, réunis à Bâle (nord) en assemblée générale annuelle, "de renoncer à son action judiciaire en Inde pour l'obtention d'un brevet sur le Glivec".

Une quarantaine de militants se sont également rassemblés à l'extérieur du bâtiment où se déroulait l'AG, devant un stand et des banderoles dénonçant la position de Novartis.

Un petit nombre de militant a participé à l'AG, durant laquelle un membre de La Déclaration de Berne a pris la parole pour demander à Novartis de renoncer à son action judiciaire en Inde.

Le Glivec, qui a généré des ventes de 4,7 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros) en 2011, est utilisé dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique (cancer du sang et de la moelle osseuse) avec présence du chromosome Philadelphie et contre les tumeurs stromales gastro-intestinales (cancers digestifs) métastatiques.

En demandant un brevet pour cette molécule, "l'accès aux médicaments bon marché serait menacé pour les populations défavorisées des pays en développement et émergents, l'Inde étant l'un des principaux pourvoyeurs de médicaments génériques au monde", a précisé l'ONG suisse La Déclaration de Berne dans un communiqué.

Selon Oxfam, "le prix du Glivec de Novartis est dix fois plus élevé que les coûts de génériques équivalents".

Novartis avait déposé en 2006 une demande de brevet pour le Glivec en Inde. Le justice de ce pays avait rejeté la même année cette demande, estimant que le médicament était une nouvelle formulation d'un produit déjà existant.

Le groupe suisse avait fait appel en août 2006 de cette décision devant la Haute Cour. Cette instance avait renvoyé la demande de brevet pour le Glivec devant le Comité indien de la propriété intellectuelle (Ipab).

Le laboratoire helvétique a déposé un recours devant la Cour suprême indienne, qui a repoussé de février à la mi-mars l'audition sur ce dossier, a précisé à l'AFP l'activiste Patrick Durisch, de la Déclaration de Berne.

"S'ils (Novartis) gagnent le procès, les conséquences seront dévastatrices, non seulement pour les patients en Inde, mais aussi pour les millions de personnes dans les pays pauvres", a souligné Rohit Malpani d'Oxfam.

Novartis, contacté par l'AFP, n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter ces informations.

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(AWP / 23.02.2012 13h00)