PÉTROLE/Le brut aux aguets sur l'Ukraine, termine en hausse à New York

(reprise de vendredi soir)

New York (awp/afp) - Les cours du pétrole coté à New York ont clôturé en hausse vendredi, les investisseurs s'inquiétant des conséquences du referendum prévu dimanche en Crimée sur le rattachement de cette région ukrainienne à la Russie.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril a gagné 69 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 98,89 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a terminé à 108,57 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 1,18 dollar par rapport à la clôture de jeudi.

"Alors que la Crimée se prépare à voter pour se séparer de l'Ukraine et devenir une partie de la Russie, la perspective d'une animosité croissante entre l'Occident et la Russie fait monter les prix du brut", relevait Matt Smith de Schneider Electric.

"Les courtiers ne veulent pas miser à la baisse au cas où il se passerait un gros événement ce week-end", renchérissait Phil Flynn de Price Futures Group.

A Londres, qui accueillait une nouvelle rencontre entre chefs de la diplomatie russe et américaine, aucune solution n'a été trouvée au terme de deux semaines d'intenses activités diplomatiques au moment même où Moscou fait manoeuvrer ses troupes aux portes de l'Ukraine.

Les investisseurs craignent que la situation empire et que soient imposées à Moscou des sanctions pouvant perturber l'exportation du pétrole et du gaz russe.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a par ailleurs prévenu que les tensions autour de l'Ukraine pourraient peser sur les perspectives de demande mondiale de brut.

L'organisme a toutefois relevé vendredi, pour le quatrième mois consécutif, sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2014, comme l'avait fait l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) mercredi, du fait d'une accélération probable de la croissance économique. Un signe positif pour les cours du brut.

Pour Phil Flynn le marché a aussi réagi à l'annonce d'un léger recul des prix à la production en février aux États-Unis: cet indicateur "montre que l'inflation reste à un niveau très faible, ce qui donne plus de marge de manoeuvre à la Fed (la banque centrale américaine) pour éventuellement freiner le rythme du ralentissement de son soutien à l'économie."

Les mesures d'assouplissement monétaires ont tendance à favoriser les actifs jugés plus risqués comme les matières premières.

La progression des cours du brut est toutefois restée limitée par la persistance des craintes sur l'économie chinoise après une salve de statistiques économiques cette semaine reflétant un ralentissement de la croissance dans ce pays, deuxième consommateur mondial d'or noir.

afp/rp



(AWP / 17.03.2014 06h21)