PÉTROLE/Le brut recule nettement à New York, plombé par une hausse des stocks US

(reprise de la veille)

New York (awp/afp) - Les cours du pétrole ont nettement reculé mercredi à New York, alors que les craintes d'une forte perturbation du marché de l'énergie liée la crise ukrainienne s'apaisent et que les réserves d'or noir aux Etats-Unis ne cessent de gonfler.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en avril a cédé 1,88 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 101,45 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a terminé à 107,76 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 1,54 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Même si les tensions demeurent entre la Russie, l'Ukraine et les pays occidentaux, "les courtiers ne s'attendent plus, au moins à court terme, à un bouleversement des exportations énergétiques russes", a indiqué l'analyste indépendant Andy Lipow.

"Bien sûr cela pourrait s'inverser à tout moment très facilement en fonction de ce qui va se passer sur le terrain mais pour l'instant, il apparaÎt que l'acheminement de pétrole et de gaz via l'Ukraine est resté à son niveau normal", a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, les cours du brut américain ont surtout été affaiblis par l'annonce d'une hausse, pour la septième semaine consécutive, des réserves aux Etats-Unis: elles ont progressé de 1,4 million de barils alors que les experts interrogés par l'agence Dow Jones Newswires tablaient en moyenne sur une hausse de 1 million.

Cette montée est due à un ralentissement de l'activité des raffineries, en pleine période de travaux de maintenance, en particulier sur la côte du golfe du Mexique, selon Andy Lipow.

Les réserves de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage) ont, elles aussi, avancé de 1,4 million de barils à 114,5 millions de barils, surprenant les analystes qui s'attendaient à un recul de 1,1 million de barils.

Depuis le début de l'année, ces stocks avaient beaucoup diminué en raison d'une forte demande de chauffage alors que les États-Unis traversaient un hiver particulièrement rigoureux.

Mais un bref redoux a fait baisser la demande la semaine dernière.

L'annonce d'une progression moins forte que prévu des créations d'emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis en février selon la société de services informatiques aux entreprises ADP et d'un ralentissement de l'activité dans les services aux Etats-Unis sur la même période, a aussi pesé sur les cours.

"On blâme encore le mauvais temps mais le moment va venir où il faudra arrêter d'en faire une excuse", a estimé Phil Flynn de Price Futures Group. "C'est en tout cas un mauvais signe pour les perspectives de demande en énergie", a-t-il ajouté.

L'espoir d'un retour à la normale en Libye, où la production pétrolière est entravée depuis plusieurs mois par un mouvement de protestation, a aussi participé à la détente des prix.

Selon les analystes de Commerzbank, un accord aurait été conclu entre le gouvernement et des représentants de mouvements de protestation au sujet du champ pétrolier d'al-Charara (sud du pays). Des avancées seraient aussi possibles sur les quatre terminaux pétroliers fermés dans l'Est du pays.

afp/rp



(AWP / 06.03.2014 06h21)