Rio-Paris: le pilote a cabré à cause d'informations erronées du Flight Director, selon un proche

LE BOURGET (AP) — Le pilote qui était aux commandes du vol AF447 entre Rio et Paris, le 1er juin 2009, a cabré au lieu de piquer lorsque l'appareil était en décrochage à cause des informations de position erronées que donnait le Flight Director, un équipement qui donne la position de l'avion dans l'espace, a-t-on appris jeudi auprès d'un proche de victimes.

"Le BEA nous a affirmé que ces Flight Directors étaient apparus et disparus à maintes reprises. Ils positionnaient l'avion à piquer et donc par compensation, le pilote avait tendance à tirer sur le manche pour faire cabrer, et donc à suivre les informations erronées de position du Flight Director", a déclaré Robert Soulas, qui a perdu sa fille et son gendre dans l'accident.

C'est la première fois qu'une information explique pourquoi le pilote aux commandes a cabré lorsque l'avion décrochait alors que dans une telle situation, il faut piquer pour gagner en portance.

Les familles de victimes du vol Rio-Paris ont été reçu jeudi matin au Bourget par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'aviation civile qui leur présentait les conclusions de ses investigations techniques, trois ans après l'accident qui a fait 228 morts. Le BEA devait ensuite donner une conférence de presse dans l'après-midi.

Gérard Arnoux, un commandant de bord présent au Bourget et auteur d'un rapport remis à la justice, expliquait que "les flight directors sont des barres en croix qui disent au pilote d'aller à gauche, à droite, de monter ou de descendre". "On est formé à suivre ces barres de tendance", a-t-il dit à la presse et "le pilote automatique" les suit également.

"Un pilote normal sur un avion de ligne normal, il suit les barres de tendance", a-t-il résumé, or à en croire les informations données par M. Soulas, "les barres de tendance indiquaient des situations fausses". D'après Gérard Arnoux, une directive européenne de 2011 a modifié les procédures en demandant justement aux pilotes "de ne pas suivre les barres de tendance après la perte des informations de vitesse".

Les rapports d'étape publiés précédemment par le BEA ont mis en évidence des défaillances techniques et une erreur humaine. L'Airbus A330 d'Air France a perdu ses indications de vitesse, vraisemblablement à cause du givrage de ses sondes Pitot. Lorsque l'appareil a chuté, le pilote aux commandes a cabré (pour lever le nez de l'avion) alors qu'il aurait dû piquer. AP

cb/ir/sb


(AP / 05.07.2012 13h09)