UBS 2013: retour aux bénéfices, promet un dividende attractif

(synthèse avec cours de clôture)

Zurich (awp) - La banque UBS a renoué avec les chiffres noirs en 2013, après une lourde perte l'année dernière, poursuivant sa restructuration. Grâce à l'amélioration des fonds propres, l'établissement aux trois clés promet un dividende attractif pour ses actionnaires, après avoir déjà nettement augmenté les reversements. Ces annonces profitaient au titre, qui accélérait fortement mardi.

Le numéro un mondial de la gestion de fortune a dégagé en 2013 un bénéfice net de 3,2 mrd CHF, contre une perte de 2,5 mrd CHF l'année précédente. L'établissement a également profité d'un regain de confiance, avec des entrées nettes d'argent nouveau de 54 mrd CHF dans les activités de gestion de fortune, une hausse de 14% par rapport à 2012.

Sur le seul quatrième trimestre, la banque a dégagé un profit net de 917 mio CHF, contre une perte de 1,9 mrd CHF un an plus tôt. Le groupe a profité en fin d'année d'un crédit net d'impôts de 470 mio CHF, mais a comptabilisé des charges de restructuration de 198 mio CHF.

Les performances entre octobre et décembre sont largement supérieures aux attentes des analystes interrogés par AWP. Ces derniers tablaient sur un bénéfice net de 321 mio CHF et un profit avant impôts de 427 mio CHF.

Ces solides résultats vont permettre à la banque de verser un dividende en hausse de 67% à 0,25 CHF par action. Les bonus augmentent quant à eux de 28% à 3,2 mrd CHF.

"Nous avons terminé l'année en dépassant la majorité de nos objectifs de performance et continuerons à mettre en oeuvre notre stratégie avec rigueur afin de garantir la pérennité de notre entreprise", a indiqué le directeur général (CEO) Sergio Ermotti.

OBJECTIFS DE DIVIDENDE CONFIRMÉS

La direction a confirmé l'objectif de reverser au moins 50% des bénéfices aux actionnaires, dès que le ratio de fonds propres durs aura dépassé la barre des 13%. Le dividende ordinaire devrait être stable et prévisible, selon M. Ermotti, ajoutant que des versements supplémentaires étaient possibles. La forme de ces versements additionnels - dividende spécial ou rachats d'actions - reste ouverte.

L'établissement a réduit ses actifs pondérés en fonction des risques à 225 mrd CHF, le ratio de fonds propres durs selon Bâle III s'établissant à 12,8%, en hausse de 0,9 point de pourcentage par rapport au trimestre précédent.

Au chapitre des bonnes surprises, UBS a profité d'une réévaluation de la surcharge imposée par le régulateur des marchés financiers (FINMA) sur les actifs pondérés en fonction des risques. Cette dernière a été réduite de 5 mrd à 22,5 mrd CHF.

La division gestion de fortune a vu son résultat avant impôts s'établir à 471 mio CHF au dernier trimestre, en baisse de 15% par rapport au trimestre précédent. Les afflux de liquidités ont atteint 5,8 mrd CHF, notamment grâce à une forte contribution de la région Asie-Pacifique. Elle a par contre manqué les prévisions, qui tablaient sur 574 mio CHF.

L'unité gestion de fortune Amériques a dégagé un résultat avant impôts en hausse de 14% à 230 mio CHF, alors que les entrées nettes d'argent nouveau ont doublé à 4,9 mrd CHF. Elle a souffert d'un alourdissement de 4% des charges d'exploitation, essentiellement en raison de la hausse des rémunérations des conseillers financiers et des charges de restructuration.

La banque d'affaires a bénéficié d'une progression de 18% à 297 mio CHF du profit avant impôts, notamment grâce à la forte hausse des revenus tirés des activités de conseil et des marchés d'émission d'actions.

CONJONCTURE ENCORE DIFFICILE

UBS avait annoncé fin 2012 la réorganisation de ses activités, notamment la restructuration de sa banque d'affaires et la suppression à terme de 10'000 emplois, pour se concentrer dans son coeur de métier de la gestion de fortune. Cette restructuration avait entraÎné des coûts exceptionnels de 3,1 mrd CHF qui avaient lourdement pesé sur les résultats 2012. Fin 2013, le groupe employait 60'205 personnes en équivalent temps plein, une réduction de 2423 postes sur un an.

Les résultats 2012 avaient également souffert d'une lourde amende infligée par les autorités de régulation dans la cadre du scandale de manipulation du taux interbancaire Libor.

Concernant les perspectives, le groupe a averti que les problèmes macroéconomiques subsistaient, notamment en Europe, mais aussi avec le budget américain et dans les pays émergents.

Les analystes ont évoqué des performances mitigées, applaudissant le bénéfice net, le ratio de fonds propres durs et les résultats de la banque d'affaires, mais pointant du doigt ceux de la gestion de fortune.

Le résultat trimestriel est avant tout à mettre sur le compte d'un crédit d'impôts de 470 mio CHF et de la banque d'affaires, dont les résultats ont dépassé les attentes, selon Vontobel.

A la Bourse, l'action UBS a terminé en hausse de 5,39% à 18,39 CHF, meilleure performance du jour, dans un SMI en baisse de 0,18%.

al/jh



(AWP / 04.02.2014 17h53)