Zone euro/Grèce: effacement de la dette seulement en situation extrême (Regling)

Berlin (awp/afp) - Le directeur du fonds de secours européen, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), l'Allemand Klaus Regling, a estimé lundi qu'un nouvel effacement d'une partie de la dette grecque ne pourrait avoir lieu qu'en cas de "situation extrême".

"Un effacement de la dette publique est quelque chose de tout à fait exceptionnel, qui ne peut se produire uniquement dans des situations extrêmes", a affirmé Klaus Regling, dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt.

Il estime ainsi que l'Allemagne, dont une partie de la dette a été abandonnée partiellement en 1953, était "un cas particulier après la guerre".

En ce qui concerne la Grèce, qui s'enfonce toujours un peu plus dans les problèmes financiers, le Fonds monétaire international (FMI) a jugé en fin de semaine dernière avoir fait son possible pour l'aider, renvoyant la balle dans le camps des Européens.

L'institution monétaire, l'un des créanciers de la Grèce, aux côtés de l'UE et de la Banque centrale européenne (BCE), a affirmé qu'il appartenait "sans doute" aux Européens de passer à l'action pour ramener la faramineuse dette du pays à un niveau "supportable", ce qui pourrait passer par un nouvel effacement de la dette, une solution que refuse l'Allemagne.

Le secteur privé ayant déjà consenti un effacement de dette de 107 milliards d'euros en mars, les regards sont braqués sur les bailleurs de fonds publics de la troïka (FMI-UE-BCE) qui se renvoient la balle afin de ne pas avoir à payer l'addition.

Klaus Regling juge que les fondamentaux économiques de la Grèce ne sont pas "si mauvais" mais pointe du doigt l'instabilité politique du pays et le manque de coopération de l'opposition politique au programme de redressement.

"Même sans effacement, le niveau de la dette grecque va se réduire d'un tiers sur la prochaine décennie", met en avant le patron du FESF.

"Pour les crédits que nous avons accordés, nous demandons à Athènes seulement un taux d'intérêt entre 1,5% et 2%", ajoute-t-il.

Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) doivent de nouveau se réunir mardi pour discuter du sort de la Grèce, qui attend toujours le versement d'une nouvelle tranche d'aide vitale pour le pays.

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(AWP / 19.11.2012 09h41)