A la centrale du Blayais, les anti-nucléaires veulent une décision immédiate


BRAUD-ET-SAINT-LOUIS - Plusieurs centaines de militants anti-nucléaires se sont rassemblés lundi pour un pique-nique face à la centrale du Blayais (Gironde) et ont réclamé comme ailleurs en France lundi, jour du 25e anniversaire de l'accident de Tchernobyl, la décision sur une sortie du nucléaire.

Treize réacteurs en France ont plus de 30 ans d'âge et on nous dit que ce n'est pas possible de les fermer alors qu'en Allemagne ils ont pris la décision d'en fermer sept, c'est de la désinformation, scande dans un micro Stéphane Lhomme, président de l'association Tchernoblaye qui organisait le rassemblement, soulevant des applaudissements nourris de l'assistance, un millier de personnes selon les organisateurs, 5 à 600 selon les gendarmes.

C'est une technologie capable de pourrir la terre pour des centaines d'années, voire des milliers, et ce qui s'est passé au Japon prouve qu'on ne maîtrise pas tout, soutient Stéphane, alias Zed, musicien solo qui, jugé sur le plateau d'un camion, a interprété en guise d'apéritif plusieurs chansons de son répertoire.

Zed est venu de la Charente-Maritime toute proche, et, comme lui, les personnes assises dans l'herbe face à la scène improvisée ont convergé des régions limitrophes d'Aquitaine.

En 1999 on est passé à deux doigts de la catastrophe. Il m'est insupportable de me dire que la terre de mes ancêtres, celle où je suis né, puisse être un jour polluée à jamais, dit-il.

De nombreuses revues de presse accrochées sur des panneaux rappelaient l'accident survenu en décembre 1999, lorsque la centrale du Blayais avait été partiellement inondée par la tempête Martin, provoquant une alerte de niveau 2 sur une échelle de 7.

Face à l'entrée de la centrale, dotée de quatre réacteurs de 900 mégawatts, et où travaillent 1.700 employés, Sébastien Gross et Hélène Farbos ont eux aussi pique-niqué sous le ciel bleu, avec leurs deux enfants de trois ans et huit mois car ils sont inquiets du legs à laisser aux générations futures, et surtout de la gestion des déchets.

Mimosa, membre de Tchernoblaye, affectée à la gestion du parking, fait partie des jeûneurs de Bordeaux qui ont entamé une grève de la faim tournante en soutien aux jeûneurs de Colmar qui réclament la fermeture de la centrale de Fessenheim (Alsace) car le nucléaire c'est des risques inconsidérés, dit-elle.

Outre des associations de défense de l'environnement, des syndicalistes et membres d'EELV, du Parti de gauche et du NPA, se trouvait dans l'assistance le président du groupe PS au conseil régional d'Aquitaine, Stéphane Delpeyrat.

Selon lui, il y a de plus en plus de militants PS favorables à la sortie du nucléaire, évoquant un simple problème générationnel.

Il faudra que pour 2012 la gauche se rassemble autour de cette position car elle est porteuse d'avenir. C'est le sens de l'histoire, il faut ouvrir les yeux sur les dangers du nucléaire et les perspectives qu'offrent les énergies renouvelables, dit-il.

En attendant les cinq minutes de bruit pour alerter sur les dangers de l'atome, Stéphane Lhomme réclame la fermeture du Blayais qui fêtera le 12 juin ses 30 ans, sa durée de vie prévue à l'origine par EDF.

EDF a prévu 600 millions d'euros par réacteur (en France) pour les faire fonctionner au-delà de 30 ans. Cela fait 35 milliards qu'il faut investir maintenant dans les économies d'énergies et les énergies renouvelables, scande le candidat à la primaire écologiste, s'attirant des hourras convaincus de tous âges avant de convier l'assitance à un nouveau rassemblement au même endroit pour les 30 ans du réacteur numéro 1.

EDF

(©AFP / 25 avril 2011 18h00)


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