Abandon du nucléaire en Allemagne: les géants de l'énergie quasi-muets


BERLIN - Les deux principaux opérateurs de centrales nucléaires en Allemagne sont restés quasiment muets lundi après l'annonce par le gouvernement d'un abandon de l'atome civil en 2022, et de la fermeture définitive autant qu'immédiate de huit réacteurs.

Nous examinons cette décision, ont indiqué à l'AFP les porte-parole de EON et RWE, qui sont impliqués dans la gestion de 13 des 17 réacteurs allemands.

Tandis qu'EON en est resté là, RWE, numéro deux allemand de l'énergie et fer de lance du lobby nucléaire, a ajouté par la voix de son porte-parole que la décision du gouvernement ne correspond pas à ses vues, et répété qu'elle laisse la porte ouverte à des démarches en justice.

Les autres opérateurs de centrales nucléaires en Allemagne, Vattenfall et EnBW, jouent eux un rôle secondaire.

Les deux réacteurs de Vattenfall en Allemagne sont à l'arrêt depuis des années suite à des incidents techniques, tandis qu'EnBW, désormais propriété d'un gouvernement régional mené par les Verts, se garde de prendre part au débat.

S'il a confirmé lundi son projet de sortie rapide du nucléaire déjà esquissé après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement allemand a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de supprimer une taxe sur le combustible nucléaire instaurée en début d'année.

Le lobby nucléaire espérait au contraire l'annulation de cette taxe devant rapporter 2,3 milliards d'euros par an à l'Etat.

Elle avait été créée l'an dernier en échange d'une prolongation de la durée de vie des réacteurs allemands, que la chancelière Angela Merkel a désormais annulée.

Le maintien de la taxe pesait sur les cours boursiers d'EON et RWE, qui perdaient tous deux plus de 2% vers 13h30 GMT à Francfort, alors que l'indice Dax gagnait 0,28%.

E.ON

RWE

(©AFP / 30 mai 2011 15h55)