Accusations de corruption: Areva et un militant antinucléaire face à face au tribunal


PARIS - Areva a poursuivi vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris le militant antinucléaire Stéphane Lhomme, président de l'Observatoire du nucléaire, qui avait accusé le groupe français de corruption au Niger en 2012.

Le 11 décembre 2012, dans un communiqué, l'association avait fait état d'une contribution d'Areva au budget national nigérien d'environ 26 millions d'euros, dont 15 millions auraient été directement affectés à l'acquisition d'un avion pour le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Il s'agit donc clairement d'une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva, avait accusé l'Observatoire.

Le lendemain, Zakari Oumarou, président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir), avait confirmé à l'AFP qu'Areva avait accordé au Niger une aide budgétaire de 26 millions d'euros, dont une partie a été affectée pour l'achat d'un avion présidentiel.

Areva, qui conteste cette accusation de corruption, avait assigné en justice.

A la barre, Stéphane Lhomme a assuré n'avoir aucune animosité spécifique contre Areva.

A l'inverse, l'avocate du groupe, Me Patricia Chemarin, a estimé que M. Lhomme est mû par une animosité telle qu'il en oublie les précautions élémentaires de langage, dénonçant des accusations graves et infamantes.

Areva demande un euro de dommages et intérêts et une publication judiciaire dans trois journaux, dont le magazine Jeune Afrique.

Stéphane Lhomme s'exprimait dans un cadre politique, militant, dans lequel la liberté d'expression admise est plus grande, a souligné son avocat, Me Emmanuel Riglaire, qui a plaidé la relaxe.

La bonne foi est de son côté et la désinformation de celui d'Areva, a-t-il déclaré.

Pour le procureur, il s'agit d'un cas limite, mais il y a matière à condamnation, a-t-il estimé, soulignant le très peu de prudence des propos litigieux.

Le jugement a été mis en délibéré au 7 février.

Mercredi, l'Observatoire du nucléaire a réitéré mercredi ses accusations de corruption à l'encontre d'Areva, évoquant cette fois le versement d'une aide de 35 millions d'euros au Niger.

Mais selon l'avocate d'Areva, cette somme n'a pas été versée, car le protocole qui prévoyait effectivement ce versement n'a pas été formalisé.

spe/pmg/nas

AREVA

(©AFP / 20 décembre 2013 18h40)

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