Afrique du Sud: la justice empêche la livraison de pièces d'hélicoptères au Zimbabwe


LE CAP - Un lobby afrikaner a obtenu vendredi d'un tribunal de Pretoria un référé empêchant la livraison de pièces d'hélicoptères à l'armée zimbabwéenne, dont l'annonce avait provoqué un tollé à quelques mois d'élections cruciales au Zimbabwe.

Une ordonnance de référé a été accordée (...) pour empêcher la livraison d'hélicoptères de combat Alouette III par l'Armée nationale sud-africaine à l'armée zimbabwéenne, a indiqué le groupe de pression AfriForum, qui avait saisi la justice.

Il s'agit en fait de pièces de rechange, et non d'appareils complets.

AfriForum craignait une mauvaise utilisation des appareils par l'armée zimbabwéenne, qui a soutenu le président Robert Mugabe ces dernières années lors de sanglantes campagnes électorales. Celle de 2008 a notamment fait quelque 200 morts.

Tout porte à croire que l'armée zimbabwéenne renforce sa visibilité, sa mobilité et sa présence à travers le Zimbabwe en prévision des élections nationales qui sont programmées plus tard dans l'année, a déclaré le groupe dans un communiqué.

Le référé est valable jusqu'au 19 février, le temps que la justice sud-africaine se prononce sur le fond.

Le gouvernement sud-africain avait reconnu vendredi qu'il comptait faire don de pièces de rechange et d'armatures d'hélicoptères au Zimbabwe.

Nous allons envoyer des pièces de rechange d'hélicoptères réformés et des armatures, avait déclaré à l'AFP Siphiwe Dlamini, porte-parole du ministère sud-africain de la Défense.

M. Dlamini n'a pas voulu préciser ni l'importance de la livraison ni sa date, mais a insisté sur le fait que l'Afrique du Sud n'allait pas livrer des hélicoptères en état de marche à son voisin du Nord.

Les hélicoptères sont des Alouette III, de fabrication française, acquis à partir des années 1960 par les armées sud-africaine et rhodésienne (aujourd'hui zimbabwéenne).

La décision initiale de faire don du matériel remonte à 1997, l'idée étant de transférer les hélicoptères sud-africains une fois réformés, ce qui a été le cas en 2007. M. Dlamini n'a pas pu expliquer pourquoi les pièces n'ont pas été livrées au Zimbabwe depuis lors, insistant sur la nécessité d'établir un inventaire complet au préalable.

Les Zimbabwéens doivent cette année voter à nouveau pour départager M. Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai, qui cohabitent depuis 2009 au sein d'un fragile gouvernement d'union nationale.

M. Mugabe a gardé le contrôle effectif de l'armée et de la police.

(©AFP / 25 janvier 2013 18h00)


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